DÉBAT-DÎNER — Ferez-vous le « premier pas » ?

Vous aimez notre Regard Croisé sur la cuisine dans une quinzaine de pays ? Vous êtes sensible à la thématique de l’intégration ? Le Baba et notre équipe vous invitons à la table du chef afghan Massoud le vendredi 24 mars, au Petit Bain. Pour réserver votre place : http://bit.ly/2nlOqQR

Né dans la province de Baghlan, au nord de l’Afghanistan, Massoud fuit son pays en 2010. Il se sent menacé par le gouvernement et les talibans. Ses deux frères à ses côtés, il laisse derrière lui ses parents, ses amis et un pays blessé dans lequel il ne se reconnaît plus. S’ensuivent des semaines de route qui, de l’Iran à l’Italie, en passant par la Turquie, le mèneront jusqu’à Paris.

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Le chef Massoud, originaire d’Afghanistan, aimerait ouvrir son restaurant en France et a rejoint l’équipe du Baba cette année. © CrossWorlds / Théo Depoix-Tuikalepa

 

Avant son arrivée, la France se résumait pour lui à Napoléon, Victor Hugo… mais aussi l’islamophobie et le « cerveau colonial » à l’origine d’une politique étrangère qu’il condamne. Pourtant, il s’étonne d’aimer y vivre. « J’aime les Français et leur accueil. » Il apprend leur langue, découvre la gastronomie française en même temps qu’il se met à cuisiner pour ses frères et ses amis. « La cuisine française est une grande cuisine », dit-il, mais elle n’a évidemment pas le goût de celle de son pays. Alors Massoud s’investit, redouble d’efforts derrière les fourneaux : nostalgique de sa terre autant que désireux d’en partager les saveurs.

D’un projet à l’autre, il intègre l’équipe du Baba. « En Afghanistan, on ne parle pas à table, par respect pour la nourriture. Mais les Français aiment discuter quand ils mangent. » Le chef y voit une aubaine : autour de ses plats, les Français peuvent échanger et lui poser des questions sur son pays natal.

Pour le dîner de vendredi soir, le chef Massoud a choisi de vous cuisiner ses plats préférés qu’il a — secrètement — appris par-dessus de l’épaule de sa mère restée au pays ; elle qui ignore encore aujourd’hui que son fils a enfilé le tablier. Ce repas est pour lui « un morceau d’Afghanistan », une invitation à découvrir ce pays qui a trop peu l’occasion de parler de lui-même. Ce repas est un « premier pas », libre à chacun de poursuivre la découverte.

Théo Depoix-Tuikalepa

Plus d’informations sur l’événement et sur les intervenants (Le Recho, Eat&Meet, Meet my Mama) en cliquant ici

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