Caroline du Nord : un an plus tard, ils maintiennent leur soutien à Donald Trump

Jeunes étudiants d’une des meilleures universités de Caroline du Nord, ils ont voté Donald Trump le 8 novembre 2016. Quelles joies, quelles déceptions, un an plus tard ?

“J’ai voté pour Donald Trump”. Maggie Horzempa et Will Rierson le revendiquent. Il y a un an jour pour jour, la secrétaire et le président des “College Republicans de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (l’antenne locale d’une organisation nationale qui rassemble les étudiants soutenant le parti républicain) contribuaient au succès inattendu de leur candidat.

“Je croyais les sondages et les journalistes qui prédisaient tous une victoire des Démocrates”, se souvient Will. L’étudiant en sciences politiques et relations publiques n’a pas trouvé le sommeil cette nuit-là,  “surpris de voir les vrais résultats s’affiner”. “Avec mes amis, nous avons fêté cette victoire en commandant des pizzas et en préparant des cookies.”

drapeaux

Chaque année, les College Republicans organisent une action pour rendre hommage aux victimes du 11 septembre : ils plantent ces drapeaux devant le monument principal de l’Université de Caroline du Nord. Photo republiée avec l’autorisation des College Republicans.

Un militantisme à contre-courant

Pour l’ensemble de la Caroline du Nord, les votes de Maggie et Will ne faisaient pas figure d’exception : dans cet État, Donald Trump l’a emporté avec 49,8% des suffrages. Dans la circonscription où se trouve Chapel Hill, cependant, 72,8% des voix étaient revenues à Hillary Clinton.

Une telle différence s’explique par la forte concentration d’une population universitaire — généralement plus encline à voter démocrate — dans l’Orange County, une aire délimitée par les trois plus grandes facultés de Caroline du Nord. Communément appelée “Research Triangle” (triangle de la recherche), cette zone privilégiée contraste avec le reste de l’Etat, en majorité bien moins aisé.

“Le lendemain, c’était de la folie pour les Républicains tous de bonne humeur, mais les Démocrates se sentaient terriblement mal. À UNC, un campus très libéral, l’ambiance était morose”, confirme Will.

Sur près de 30 000 étudiants à UNC, les College Republicans comptent environ 120 membres déclarés. Même parmi ces derniers, certains ont refusé de voter pour le président actuel. Maggie Horzempa, elle, supporte Trump depuis la première heure :

“Je savais que la politique américaine avait besoin d’une figure du changement et de l’amélioration. Il était cette figure. Le jour de son élection, j’étais en extase”.

Ce changement décrit par cette étudiante en philosophie s’inscrit tout de même dans un cadre : celui de “la préservation des valeurs conservatrices”, qu’elle dit avoir héritées de sa famille avec grande fierté.

Le soutien de Will Rierson s’est construit différemment, plus par fidélité envers le parti qu’envers son candidat — et par aversion pour toute valeur prônée par les Démocrates. “J’avais voté pour Ted Cruz lors de la primaire républicaine. Mais je ne voulais surtout pas que Hillary Clinton soit élue, et mette en place des politiques de gauche qui affecteraient le pays économiquement et socialement. Trump était le meilleur candidat pour payer moins de taxes au gouvernement, et pour préserver nos droits constitutionnels”, précise-t-il.

Par exemple, Will considère la signature du traité des accords de Paris pour la lutte contre le réchauffement climatique par Barack Obama “anticonstitutionnelle, les Démocrates forçant beaucoup de groupes à adhérer à ces accords, sans ratification du Sénat”. Même s’il ne se dit pas climato-sceptique, le retrait de ces accords annoncé par Donald Trump ne l’a donc pas dérangé.

“Comme tout le monde le devrait”

Aujourd’hui, Will “soutient  absolument” le président Trump , “comme tout le monde le devrait”. D’ailleurs, sa plus grosse déception remonte à juillet, lors du refus du Congrès de supprimer l’Obamacare, comme le voulait Donald Trump : “C’est une honte que des Républicains comme John McCain aient fondé leur campagne de parlementaire sur la promesse d’abroger l’Obamacare, pour finalement ne pas se décider à le faire”, s’indigne-t-il.

Autre sujet irritant Will : l’instruction sur une possible interférence russe dans l’élection présidentielle, dans laquelle il voit une tentative vaine des “Démocrates et des journalistes sidérés” d’avoir “concocté ce récit pour dissimuler les échecs de la campagne d’Hillary Clinton”. Il dénonce ceux qui selon lui “ne veulent pas reconnaître que Trump a gagné dans le respect des règles”, tout en admettant que la surveillance des interférences Russes “doit être l’une des priorités des services de renseignement”.

Corée du Nord : « Dormir sur ses deux oreilles »

Les deux étudiants sont globalement satisfaits du travail de leur président : Maggie se réjouit du “grand nombre d’emplois que Trump contribue à créer”, Will voit la construction du mur à la frontière mexicaine comme un moyen d’“arrêter les flux et trafics de drogues, armes illégales, et immigrants”. Avec “des décideurs forts comme le Président Trump et le ministre de la Défense Mattis aux commandes des armées américaines”, Will n’a pas peur et peut enfin “dormir sur ses deux oreilles” quand il songe à la Corée du Nord.

Pour le reste des sujets de politique étrangère, que Maggie a préféré éviter, Will suggère de voter au plus vite toute législation permettant de “laisser les marchés décider”.
Et à ce jour, la majorité sujette aux désaccords n’en aurait pas fait assez : “nous avons une opportunité en or de faire passer un programme conservateur, et j’ai le sentiment qu’elle est en train d’être gâchée”.

Pour Maggie, seule la présence médiatique de Donald Trump ne joue plus en sa faveur : “ Il n’a pas changé sa rhétorique théâtrale et exagérée sur les réseaux sociaux. Pendant la campagne, je pouvais comprendre pourquoi il voulait être audacieux et poster des messages susceptibles de faire le buzz, mais maintenant qu’il est président, il doit être plus éloquent et professionnel”.

A à peine 20 ans, Maggie et Will portent des convictions qui semblent enracinées dans leurs esprits depuis une éternité. Pour eux, leurs idéaux républicains doivent triompher ; ils soutiennent coûte que coûte l’homme qui est le plus à même de les mettre en place aujourd’hui.

Mais si Maggie et Will défendent Donald Trump dans les polémiques qu’il a suscitées jusque dans leurs rangs, ils n’y sont pas indifférents. Aucun d’entre eux ne s’est aventuré à parier sur sa réélection, en novembre 2020.

Raphaëlle Aubert

>> Le sujet vous intéresse ? Dans le Missouri, notre correspondante a recueilli un témoignage très différent de Mayela, Américaine d’origine mexicaine et guatémaltèque.

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