Ces villes russes où « il n’y a rien à voir » : Teriberka

A deux heures de route de Mourmansk, je poursuis mon voyage à Teriberka, village connu pour avoir accueilli le tournage des scènes extérieures du film « Léviathan » d’Andrey Zvyagintsev.

Comme appartenant à une autre époque, le village n’a que la beauté de ses paysages à offrir. Ici, pas de monument, pas d’église aux coupoles colorées : les seules traces de présence humaine semblent être les datchas délabrées, les épaves à moitié immergées et la taule rouillée des garages de fortune.

Les quelques habitants vivent de la pêche, comme en témoignent les nombreuses embarcations de fortune dispersées dans le village. Une Babouchka sort par une petite porte en bois, secoue un tapis et donne quelques miettes de pain aux pigeons. Au loin, un homme dans la force de l’âge promène son chien. Dans ce qui semble être une rue, trois jeunes filles en baskets marchent bras dessus, bras dessous. Dans le magasin censé ravitailler la ville en vivres, une femme fait ses courses tandis qu’une télé datant des années 2000 diffuse un soap-opéra russe. Ces fantômes sont les âmes de Teriberka, ceux qui vivent quotidiennement avec le « rien à voir et rien à faire ».

Teriberka m’apparaît comme une sorte de néant inquiétant à couper le souffle. Je me sens comme seule au monde. Seuls le bruit des vagues, le sifflement du vent et le craquement de mes propres pas sur un mélange de neige et de sable sont à distinguer. Calme et volupté. Les couleurs délavées répondent au ciel grisâtre des premières nuits polaires. Teriberka offre le spectacle saisissant de la beauté à l’état pur.

Malheureusement, le village, très convoité par les compagnies d’exportation de gaz, est destiné à devenir un point de passage stratégique. Ses paysages et son atmosphère seront amenés à changer dans les années à venir.

Sur la route menant à Teriberka, dans un désert de neige blanchâtre – Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Une barque abandonnée- Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Une maison à Teriberka. Il n’y a pas de fumée dans la cheminée, on pourrait penser qu’elle est abandonnée – Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Le cimetière de Teriberka. Teriberka- Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Le cimetière de Teriberka. Teriberka- Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Des épaves sur une petite plage non loin d’un petit port. Teriberka- Décembre 2015 /Jeanne Richard.

« Chaussures pour femmes » : à l’intérieur, un atelier de bricolage sous le regard protecteur de Marx – Teriberka, Décembre 2015/ Jeanne Richard.

Des maisons abandonnées, comme enfouies sous un mélange de sable et de neige – Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Une habitation- Teriberka, Décembre 2015/ Jeanne Richard.

Un magasin abandonné – Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Le spectacle de la nature. La beauté du néant – Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

Le spectacle de la nature. La beauté du néant – Teriberka, Décembre 2015 /Jeanne Richard.

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