Chine : « Je ne pense pas avoir de deuxième enfant »

Le 1er janvier prochain, la politique d’enfant unique en Chine prendra fin. Car le jeudi 29 octobre 2015, lors du 5ème plénum du comité central du Parti Communiste Chinois (PCC), après quatre jours de travaux consacrés à l’adoption du 13ème plan quinquennal, une décision historique a été prise. Tous les couples auront désormais le droit d’avoir deux enfants, après 36 ans de politique leur imposant un schéma domestique d’un enfant par foyer.

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Deux fillettes dans les rues de Nanjing. Septembre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Alexandra Balaresque

 

Mais les Chinois se semblent pas enclins à franchir cette étape du deuxième enfant. Déjà, en 2013, les assouplissements de la politique de l’enfant unique n’ont pas démontré une réelle envie chez les couples dont l’un des membres est lui même enfant unique de fonder une famille nombreuse. Ainsi, sur 11 millions de couples seulement 700 000 ont demandé l’autorisation d’avoir un deuxième enfant, annonçait la Commission nationale de la santé et du planning familial, tandis que le démographe Wang Fed de l’Université de Fudan à Shanghai, cité par le « Wall Street Journal » affirmait que « le mieux que nous puissions espérer, c’est un à deux millions de naissances supplémentaires sur les deux prochaines années ».

« Je ne pense pas avoir de deuxième enfant »

Les raisons à ce demi-échec sont simples. La Chine est une société devenue matérialiste, où la classe moyenne ne désire pas « investir » dans un deuxième enfant, fardeau économique. Meng Li, devenue maman de son premier enfant il y a trois mois, sourit à sa petite fille endormie. Envisage-t-elle d’en avoir un deuxième, maintenant qu’elle y est autorisée ? Elle hésite à nous répondre, restant très pudique sur le sujet avant de finalement déclarer : « J’ai envie de pouvoir choisir comment construire ma famille ». Et non pas de suivre les lignes de conduite préconisées par le gouvernement.

Toutefois, ce ras-de-bol général des Chinois face aux politiques intrusives de leur gouvernement dans la sphère privée reste limité. Car malgré ce désir de liberté, Meng Li semble avoir adopté le schéma d’un enfant par foyer. « Un, c’est déjà énorme! Il faut le nourrir, l’habiller, l’inscrire à l’école… économiquement parlant, c’est très dur. Je ne pense pas en avoir un deuxième. »  La politique de l’enfant unique est bel et bien entrée dans les mœurs. Retour sur son implantation et ses conséquences.











Anaïs Vassallo

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