La gronde populaire new-yorkaise contre l’élection de Donald Trump

Depuis le 8 novembre, un murmure se fait entendre dans les avenues et les ‘streets’ agitées de la « capitale du Monde ». Ce murmure prend chaque jour un peu plus d’ampleur, au fur et à mesure que se joignent au mouvement du « Not My President », des marcheurs en colère venus de tous bords et défendant parfois des causes différentes. Une chose est néanmoins sûre : on marche contre un même homme. Notre correspondante s’est glissée dans l’une de ces manifestations.

Crédits Photo : CrossWorlds/ Adrien Lac

Un rally anti-Trump dans l’Ohio. Crédits Photo : CrossWorlds/ Adrien Lac

 

Une semaine new-yorkaise plus amère quun coffee to go sans lait damande. A Manhattan, où 87,2% des électeurs ont voté pour Hillary Clinton, lambiance depuis mercredi 9 novembre nest pas à la célébration.

Au lendemain de l’élection, How are you doing ?semble plus quune formule de politesse. Sur Facebook, l’évènement Point and Laugh at Trump Towersemble avoir perdu de son potentiel humoristique, et il a été remplacé dans un premier temps par un Rally against Trump in NYC. Depuis les élections, les rallies, marches et protestations se poursuivent et ne semble pas près de sarrêter, à tel point quil est à présent question de fermer certaines parties de la Cinquième Avenue à chaque fois que le president-elect réside dans sa tour.

Ainsi, des marches ont eu lieu presque tous les jours la semaine dernière, et une marche de grande envergure est prévue pour ce samedi 20 novembre. Dautres initiatives, telles que les public meetings du mouvement Socialist Alternative NYC, les university walkouts à NYU et Columbia et un rassemblement à NYU en soutien aux étudiants musulmans, dont la porte de la salle de prière a été, dans la nuit du 8 au 9, tagguée dun Trump, sont plus localisés et spécifiques.

« Let’s march to Trump Tower »

Pour le premier rally, le 9 novembre, Union Square Park est plein de visages fatigués et tristes et de pancartes aux slogans évocateurs tels que Not My President / My Oppressor. Après un moment où la foule, statique, tente dentendre les paroles dun leader dans un mégaphone ou un micro, le message circule : Lets march to Trump Tower. Les manifestants se mettent alors en marche et progressent de la 14ème à la 56ème, occupant les rues devant des voitures incapables de fendre la foule. A un croisement important, des policiers leur crient de se ranger sur le trottoir, car « en marchant dans la rue ils enfreignent la loi ». La foule se sépare pour quelques mètres, mais se retrouve très vite à nouveau en plein milieu de la rue. Plus nous montons vers la tour du president-elect, plus les spectateurs sur le trottoir, smartphone à la main, deviennent nombreux.

Solidarité

Ce qui frappe dans les différents évènements de protestation à New York City, cest aussi le soutien de ceux qui ne participent pas directement à la manifestation. Ainsi, lors de la marche du 9 novembre, on distingue à travers les vitres et vitrines des boutiques luxurieuses de la 5ème avenue des silhouettes qui applaudissent, filment ou lèvent le poing. Cest un aspect intéressant de ces rallies. Il sont certes menés par et peuplés de jeunes privilégiés libéraux, en grande partie étudiants, qui peuvent se permettre de ne pas être au travail à moment où ils ont lieu. Mais en chemin, ils rencontrent la solidarité demployés de supermarchés, de conducteur de véhicules de livraison, de ceux en loccurrence, le 9 novembre, majoritairement Africains-Américains qui nont pas eu le luxe de quitter leur travail.

Pour linstant, tous les rassemblements new-yorkais sont restés relativement paisibles et presque bon enfant. Lors de la première marche, une fanfare improvisée accompagnait à les slogans plus ou moins élaborés tels que Hey Hey Ho Ho Donald Trump has got to go, Not my president, F*** Donald Trump, F*** Mike Pence, Whose streets? Our streets, Show me what democracy looks like This is what democracy looks like et le tristement populaire Pussy Grabs Backen référence à la vidéo de Donald Trump publiée dans le  Washington Post et dans laquelle on l’entend se vanter d’attraper les femmes par leur sexe.  

Dautres sont plus spécifiques et reprennent les motifs dautres manifestations : My body, my choiceet la réponse Her body, her choicesont les slogans des manifestations pour le droit à lavortement et contre sa pénalisation; Say it loud, say it clear, refugees are welcome hereen opposition aux propos de Trump au sujet des réfugiés ; etDonald Trump, go away Racist sexist antigayqui ciblent des déclarations du president-elect. On retrouve aussi, sur les pancartes et dans les cris, les slogans Black Lives Matter du mouvement #BlackLivesMatter, Fight White Power ainsi que Trans Lives Matter.

Car finalement, si les rallies et meetings ont pour but de faire entendre la colère des New-Yorkais face à l’élection démocratique dun président par lequel ils ne se sentent pas représentés, il sagit aussi de réaffirmer limportance des vies et modes de vies de tous ceux quils sentent attaqués par Donald Trump et ses électeurs.

 

Raphaëlle Efoui-Delplanque.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *