Au marathon de Beyrouth, des coureurs pour la paix

Article de la première édition de Crossworlds (2013-2014 ).

Le marathon de Beyrouth a regroupé plus de 35 000 participants dimanche dernier. Enquête sur ses Phidippidès de la paix.

 

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Marathon de Beyrouth, le 10 novembre 2013. Crédits photo – Nicolas

 

Contrairement à l’année dernière, où la course avait été marquée par une pluie battante, l’édition 2013 restera dans les mémoires comme une réussite ensoleillée. Un record d’affluence de 36 000 coureurs, 104 nationalités, 4 courses différentes (le 42 km, 10 km « fun run », 5 km et 1 km pour les enfants) auront composé cette session. Et ce, malgré la situation sécuritaire tendue, la guerre de l’autre côté de la frontière et les réfugiés qui continuent d’arriver en nombre dans la capitale.

« Run for Lebanon »

9h30 : départ du 10 km. Crédits photo - Nicolas

9h30 : départ du 10 km. Crédits photo – Nicolas

 

Placée sous le signe de la paix et de l’unité, la course est le moment d’un grand rassemblement pour la population libanaise souvent déçue et divisée entre les 17 communautés qui la composent. Le marathon traverse Beyrouth de part en part, passant aussi par des quartiers en zone « rouge ». Plus qu’une banale course, il s’agit d’un événement qui dépasse les cloisons, et un formidable espoir pour le Liban.

Crédits photo - Nicolas

Crédits photo – Nicolas

 

En 2005, en l’honneur de Rafic Hariri, président assassiné quelques mois plus tôt, des personnes ont fait la course en marchant, tous de blanc vêtus. Lors de l’invasion israélienne en 2006, l’édition n’a pas été annulée, un symbole de l’éspérance que porte chacun de ces coureurs.

May El-Khalil

 

May El-Khalil (à gauche). Crédits photo - Nicolas

May El-Khalil (à gauche). Crédits photo – Nicolas

 

À l’origine de cette course, une ancienne coureuse, jambes brisées après s’être faite renverser par un camion en 2001. À 57 ans, la démarche laborieuse, on sent les efforts qu’il lui a fallu pour retrouver l’usage de ses membres. On ne se doute pas non plus que c’est d’elle qu’est née l’idée d’un marathon au Liban, pays où les habitants conduisent plus qu’ils ne courent. Le succès est immédiat : 6 000 participants lors de la première édition en 2003, ils sont 32 000 en 2011.

Des ONGS impliquées

 

Jeune libanais courant pour "Paradis d'enfants". Crédits photo - Nicolas

Jeune libanais courant pour « Paradis d’enfants ». Crédits photo – Nicolas

 

Dans la course, des groupes de coureurs se détachent souvent ; ici on reconnaît le bleu Onusien des hommes de l’UNHCR qui courent, là c’est simplement des écoliers participant pour leur école, ici encore un drapeau palestinien tendu à bout de bras émerge de la foule. À travers toutes ces causes, une chose est claire, c’est le nombre d’ONGs représentée : entre les associations aidant les réfugiés syriens (qui eux aussi couraient le marathon) comme « Echos », les associations écologistes ou de sensibilisation, une partie des participants couraient pour une bonne cause.

 

À l'arrivée du 42e km. Crédits photo - Nicolas

À l’arrivée du 42e km. Crédits photo – Nicolas

 

El-Khalil affirme que le pouvoir du sport « créé un pays meilleur, où les différences sont mises de côté, et où les esprits se rassemblent pour un futur prospère. » On lui souhaite d’avoir raison.

 

Les différences sont mises de côté au marathon de Beyrouth. Crédits photo - Nicolas

Les différences sont mises de côté au marathon de Beyrouth. Crédits photo – Nicolas

 

Nicolas.

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