Dame un… peso

Mauricio Macri, leader du parti conservateur Cambiemos, a succédé à Cristina Kirchner le 10 décembre 2015 après les élections du 22 novembre. Les Argentins attendaient beaucoup de cette rupture avec les politiques péronistes de l’ancienne présidente. Retour sur les premières actions du gouvernement.

Mauricio Macri, actuel président argentin. Crédits photo : Flickr/CC/Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires

Mauricio Macri, actuel président argentin. Crédits photo : Flickr/CC/Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires

 

Dès les premiers jours de son mandat, Macri a commencé à tenir les promesses qu’il avait faites au peuple argentin. Que ce soit dans le domaine de la justice, de la politique ou des affaires internationales, le président agit sur tous les fronts : en effet, à peine 72h après sa prise de fonction, Macri avait déjà publié 29 décrets sous le titre « Protection des libertés de la presse et d’expression ». Mais une des mesures les plus attendues était celle relative à l’économie et au taux de change du peso, la monnaie argentine.

Le dollar « blue »

Depuis 2011, les Argentins connaissaient des restrictions de change qui visaient à éviter une fuite des devises. Ils ne pouvaient échanger qu’un montant restreint de pesos en dollars chaque mois. Le plafond pour ce change était déterminé au cas par cas, en fonction des raisons amenant une personne à demander des dollars (voyage/importations) entre autres limitations. Néanmoins, El Pais affirme que les Argentins pouvaient changer au maximum l’équivalent de 2 000 dollars par mois en 2011, alors que cette limite est désormais placée à 2 millions de dollars. 

  En effet, dans un pays où l’inflation bouleverse le quotidien des particuliers comme des entreprises, le dollar était une monnaie très prisée, en particulier pour l’épargne, contrairement au peso qui perdait rapidement de sa valeur depuis la crise de 2001.

Cette restriction des changes a limité les investissements en Argentine puisque les entreprises étrangères ne peuvent rapatrier leurs bénéfices qu’au compte-gouttes. Cette situation a conduit à l’émergence d’un marché noir extrêmement bien rodé et quasiment institutionnel puisque les Argentins, comme les étrangers, y ont systématiquement recours. Sur ce marché parallèle, on peut échanger en moyenne 1 dollar dit « blue » pour 14,50 pesos, contrairement au marché officiel où l’on obtenait 1 dollar pour environ 9,50 pesos.

La monnaie argentine : le peso. Crédits photo : Flickr/CC/Esteban Maringolo

La monnaie argentine : le peso. Crédits photo : Flickr/CC/Esteban Maringolo

 

Stabilisation depuis mi-décembre

Mauricio Macri avait donc pour objectif de « normaliser l’économie », ce qui a conduit à une dévaluation du peso, maintenu artificiellement haut pendant plusieurs années. Suite à cette mesure de fin ou plutôt de moindre restriction des changes, le dollar s’est stabilisé à 14 pesos depuis mi-décembre, soit une dévaluation de 30% de la monnaie argentine. Le dollar blue, taux du dollar au marché noir, semble réagir faiblement suite à cette dévaluation, puisqu’il se maintient légèrement au-dessus du nouveau taux officiel.

La presse argentine souligne les craintes des habitants quant à cette mesure. Certes, la restriction des changes était très impopulaire, cependant, beaucoup ont peur que l’inflation, conséquence de la dévaluation, affaiblisse le commerce et le niveau de vie en Argentine. D’autres considèrent que c’est un mal nécessaire pour rattraper les erreurs du Kirchnérisme.

L’économiste Nicolas Dujovne ajoute que l’inflation qui commence déjà à se faire sentir devrait baisser à partir d’avril, rapporte le journal local Infobae. En attendant, pour tenter d’éviter que l’inflation ne porte préjudice au niveau de vie des Argentins, Mauricio Macri doit rencontrer les syndicats en janvier pour discuter une augmentation des salaires.

Marine Segura et Alicia Arsac

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