B.D. : Les chats, meilleurs ennemis des Chinois ?

En Chine, le chat a un statut ambigu. Considéré comme une nuisance dans les grandes villes comme Hangzhou ou Beijing, les mairies organisent des campagnes contre leur prolifération. Mais ces dernières se frottent aux associations de défense des animaux. Et à une société de plus en plus attendrie par les animaux de compagnie.

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Un proverbe chinois affirme que « le Pékinois peut tout dire, le Shanghaien peut tout faire et le Cantonais peut tout manger ». A propos de cette dernière affirmation, il n’y a qu’à regarder dans les menus des restaurants ou sur les marchés de street food : étoile de mer, soupe de tortue, insectes… Et des chats. Plusieurs Chinois interrogés dans la rue admettent avoir déjà mangé du chat. « Ce type de viande fait partie de la culture culinaire du pays », m’explique un vieil homme. « Et la Chine ne fait pas exception en Asie. On mange aussi du chat et du chien en Corée du Sud ! »

Toutefois, même si l’on propose du chat en cuisine, sa consommation réelle dans les assiettes semble limitée dans les villes du littoral. Est-ce à cause de la mauvaise réputation de cet animal ?

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Ce changement d’attitude à l’égard des chats coïncide avec le mouvement de protection et du respect des animaux étendu à l’Asie. On est encore loin du Japon et sa nekomania, connu pour ses nombreux bars à chats. Mais ces dernières années, la Chine a elle aussi vu fleurir dans ses grandes villes des bars à chats. Le chat sort des caniveaux et investit la ville : dans les vitrines des magasins pour attirer les nouvelles générations, en petits objets kitch…

C’est que, depuis une dizaine d’années, les Chinois ont commencé à adopter des animaux de compagnie en tout genre. Certes, le chat ne détrône pas le chien qui reste l’animal de compagnie de prédilection des familles chinoises, mais il en fait partie. Effet pervers : le nombre d’abandons de chatons devenus matous trop vite au goût de leurs propriétaires augmente. Le nombre de chats dans les rues prolifère dans la plupart des grandes villes, au point d’en devenir une nuisance pour les habitants.

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Des associations chinoises de protection des animaux existent, notamment à Hangzhou pour dénoncer ces abandons. Leur action principale passe par le contrôle de la population de chats dans la ville, notamment par leur stérilisation (le financement de ces stérilisations passe essentiellement par ces associations et non le gouvernement). On peut citer par exemple cette action de sensibilisation à Zheijiang.

La municipalité donne des estimations approximatives du nombre et des captures de chats à Hangzhou. Sur le campus de la Zhejiang University, à chaque début de semestre, les chats grouillent. Nombreux étudiants affirment avoir déjà vu des camionnettes les emporter « on ne sait où ».

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De manière générale, le chat est sauvage et grandit dans la rue. Il trouve quelques havres de paix dans la ville, notamment dans les temples bouddhistes. Mais, il doit quand même affronter au quotidien les tumultes de la ville, qui par des chemins détournés, voient la perception du chat lentement évoluer.

Camille Guillard. 

 

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