Objectif Zero Waste au Canada : « je serai la ploubelle pour aller chanter »

Pas de quartier pour les peaux de banane. A compter du 1er juillet 2015, les habitants du grand Vancouver se verront sanctionnés s’ils ne trient pas les déchets alimentaires du reste de leurs déchets, suite à l’application d’une décision municipale depuis le 1er janvier 2015. La raison en est qu’une fois jeté dans une décharge, ce genre de déchet produit du méthane, qui accentue le réchauffement climatique... . Pour une ville dont le taux de recyclage est de 60% (il est de 44% en France), cette décision n’a rien de très surprenant. Elle s’inscrit dans un projet plus large, un projet dont le but est d’arriver à 90% de recyclage en 2020.

De nouvelles poubelles pour de nouvelles habitudes ?

Un peu à l’est de Vancouver, se dresse Burnaby Mountain et ses 364 mètres d’altitude. AU sommet, le campus de Simon Fraser University. Ce bijou d’architecture « tout béton » des années 60 a servi de lieu de tournage à plusieurs séries de science-fiction. C’est un campus à l’image de la métropole qu’il surplombe : vivant, moderne et intégré au milieu naturel qui l’entoure. Ainsi, comme en ville, il n’est pas question de lésiner sur le recyclage et le tri des déchets. Rachel Telling, coordinatrice du projet « Zero Waste » à SFU nous explique les enjeux d’un tel projet.

The Interview a failli être tourné sur ce campus. Crédits photo Flickr - John Broadhurst/Avril 2013

The Interview a failli être tourné sur ce campus. Crédits photo : FlickrCC/John Broadhurst

 

Ce programme vise à “réduire le volume de déchet produit par SFU et à réduire de 70% la quantité de déchets qui partent à la décharge avant la fin de l’année 2015”. En effet, “les décharges sont responsables de 38% des émissions de méthane du Canada” nous explique Rachel Telling, “et le méthane est vingt fois plus nocif que le dioxyde de carbone et donc grandement responsable du réchauffement climatique”. Ces objectifs sont précisément ceux fixés par la communauté urbaine de Metro Vancouver. Lancé en 2014, Zero Waste est une initiative qui a permis l’introduction un peu partout sur le campus des Zero waste station, sorte de poubelles à quatre compartiments de couleurs différentes (vert, jaune, bleu et gris). Extrêmement pédagogique, cet objet est conçu pour que les étudiants ne jettent pas dans la même poubelle leur trognon de pomme, leur gobelet Tim Horton’s ou leur sachet de Doritos.

Au sixième étage de la bibliothèque. Crédits photo -Crossworlds/Hadrien Bouvier

Au sixième étage de la bibliothèque. Crédits photo : Crossworlds/Hadrien Bouvier

 

Chanter en recyclant

La poubelle, à la base du tri et donc du recyclage reste l’arme majeure de Rachel pour mener à bien son objectif de “zéro déchet”. Et la simple mise en place de ces poubelles d’un nouveau genre a permis de réduire considérablement la quantité de déchets envoyés à l’incinération. Mais un campus, même de taille moyenne comme SFU, est une grosse machine qui consomme énormément et les étudiants ont besoin d’être formés à ces nouvelles habitudes pour que ces bacs à quatre entrées trouvent leur utilité. Zero Waste s’accompagne donc d’un gros travail d’éducation, de sensibilisation et de communication pouvant atteindre des sommets. Ainsi, une chanson “It’s Time for Zero Waste at SFU”, a été écrite par un groupe local pour expliquer dans la bonne humeur l’utilité de chaque bac de couleur !

Une chanson écrite par Dan Moxon, du groupe local Bend Sinister.

Dans le même genre, SFU Sustainability, l’un des organismes impliqués dans le projet “Zero Waste” s’est lancé dans une campagne de “Zelfies” (en gros un selfie sur lequel vous êtes en train de recycler) sur les réseaux sociaux. Autre satisfaction, assez symbolique : le “barbecue du président”, organisé chaque année pour les employés de l’université est devenu depuis deux ans, un évènement 100% zéro déchet.

Dans les couloirs de SFU, un autre genre de poubelle a également fait son apparition à la fin 2014, le Bin Buddy. Ce petit bac noir est destiné au « landfill waste », c’est-à-dire ce qui n’est pas recyclable, principalement les sacs en plastique et les emballages de nourriture. Il est donc le petit copain du bac bleu de recyclage classique et est accroché à celui ci comme le perroquet sur l’épaule d’un pirate. Ils peuvent être “facilement détachés et vidés à la Zero Waste station la plus proche” et empêchent « un recyclage grossier et donc contre-productif » prédit-on sur le site de SFU Zero Waste.

Une adhésion massive à ces nouvelles habitudes

En s’emparant du sujet chaud en ce moment à Vancouver, l’université Simon Fraser a pris les devants sur les exigences locales en matière de recyclage et d’environnement en général. L’application du programme Zero Waste a permis la transformation de la façon de consommer et de vivre d’un campus de plus de 35 000 étudiants en imposant par la pédagogie ses poubelles, certes pas si révolutionnaires, mais extrêmement claires dans leur fonctionnement et largement acceptées par la communauté étudiante. Ainsi, sur la dernière étude qu’elle mène tous les ans à propos des initiatives de Zero Waste, Rachel Telling nous informe que 98% des retours sont très positifs. Un score 100% recyclable.

Hadrien.

2 réflexions au sujet de « Objectif Zero Waste au Canada : « je serai la ploubelle pour aller chanter » »

  1. Belle initiative, mais il ne faut pas confondre le concept de zero waste et de recyclage!
    Ce n’est pas vraiment la meme chose. Dans le premier cas l’objectif est de reduire la consommation de biens qui produisent des dechets, alors que dans le recyclage il y a quand meme la presence de déchets.

    Les 90% de recyclage sont un pas important mais j’espere que l’on puisse parvenir un jour a un vrai « Zero waste », où le consommateur achète ses pates, son riz, sans plastique. Que la viande ne soit pas systematiquement enrobee de polystyrène, que l’on achète plus de bouteilles d’eau!

  2. Merci pour votre commentaire! A savoir quand même que quand je parle des Zero Waste stations, il s’agit de poubelles qui aident à mieux recycler, leur but est de pousser les gens à avoir les bons réflexes de tri, donc c’est du recyclage.

    Hadrien

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