A Hong Kong, on ne fume pas comme un Chinois

En Chine, la cigarette fait apparaitre les divergences culturelles entre Hong-Kong, sa modernité et ses règles, et la Chine continentale, ses traditions et son irrévérence.

Hong Kong, le respect des règles

Les smoking bins, seuls ilots des fumeurs à Hong Kong - Crédit photo : CrossWorlds/Candice Altmayer

Les smoking bins, seuls ilots des fumeurs à Hong Kong – Crédits photo : CrossWorlds/Candice Altmayer

« No smoking », une cigarette barrée d’un trait rouge, que l’on retrouve dans tous les restaurants, cafés, parcs, campus universitaires, hôtels ou bâtiments publics de Hong Kong. Depuis 2007, il est interdit de fumer dans les lieux publics. Même dans la rue, il vous faut trouver une poubelle orange avec un cendrier. Et sur cette poubelle est bien précisé qu’il est interdit de jeter le filtre par terre.

Cette interdiction de fumer est, comme toutes les règles à Hong-Kong, scrupuleusement respectée.  En deux mois ici, les seules cigarettes que j’ai croisées dans la rue sont celles de mes amis français, et les seuls endroits où j’ai eu à éviter l’odeur du tabac froid sont les bars du quartier de LFK. Des bars fréquentés principalement par… des occidentaux ! Seulement 11% des Hongkongais fument, et ils le font en privé, ou sans s’éloigner de plus de 20cm d’une orange bin. Autant dire que l’omniprésence parisienne de la cigarette n’est plus qu’un lointain souvenir.

La Chine, ou le pays d’un tiers des fumeurs au monde

Mon arrivée en Chine continentale pour dix jours de vacances fut donc un choc. Ici, la cigarette n’est pas interdite dans la rue, mais elle l’est dans les bâtiments publics. Surprise : personne ne semble au courant de cette interdiction.

Que ce soit à Pékin, Xi’An, Chengdu, Suzhou ou Shanghai, les Chinois fument beaucoup et constamment. La Chine est le premier consommateur et le premier producteur de tabac au monde. 350 millions de Chinois fument, soit plus de 25% de la population qui représente 1 sur 3 des fumeurs dans le monde. En dehors de ces grandes villes, fumer est considéré comme socialement acceptable n’importe où et n’importe quand, même lorsque c’est illégal. Les « No smoking«  sont totalement ignorés.

2 hommes fumant devant un signe "No smoking" en Chine. Crédits photo: flickr/CC/wl

2 hommes fumant devant un signe « No smoking » en Chine. Crédits photo: flickr/CC/wl

 

Parfois, ce non-respect de la règle est tellement assumé qu’il donne lieu à des scènes étonnantes. C’était dans un restaurant « non fumeur ». Un homme sort tranquillement des cuisines torse-nu, une cigarette à moitié entamée à la bouche, il se place sous le panneau « non fumeur » du restaurant et finit par petites inspirations sa clope.

« Hong Kong n’est pas la Chine »

On pourrait expliquer ces comportements par un contrôle renforcé sur le tabac à Hong Kong qui n’a pas lieu en Chine. Mais je pense que la cigarette n’est que le symptôme d’une des nombreuses différences culturelles entre la Chine continentale et Hong Kong. Les Hongkongais que j’ai rencontré à mon arrivée m’ont tout de suite prévenu : « Hong Kong n’est pas la Chine ». S’ils reconnaissent avoir des liens historiques forts avec le Mainland China, peu de Hongkongais considèrent partager leurs valeurs et leur façon de vivre avec les Chinois.

Le cliché veut que les Chinois ne respectent pas les règles de vie de groupe. Et il est vrai que la Chine est loin d’être exemplaire, tandis que Hong Kong a hérité de son passé colonial d’une rigueur à l’anglaise. En Chine par exemple, on n’hésitera pas à couper la queue si l’occasion se présente, encore une fois de façon totalement assumée. Il nous a bien fallu quelques jours avant de nous y habituer, puis de faire de même. A la guerre comme à la guerre.

Rien à voir avec Hong Kong, où la file d’attente est sacrée. On attend même le bus en faisant la queue ! Et si votre position n’est pas claire, on vous adressera poliment un « Are you waiting ? »  avant de se placer docilement derrière vous si c’est le cas.

A Hong-Kong, on attend le bus en faisant la queue - Crédits photo : Candice Altmayer/Crossworlds

A Hong-Kong, on attend le bus en faisant la queue. La poubelle orange sert de cendrier. – Crédits photo : Candice Altmayer/Crossworlds

 

La cigarette, tout comme la file d’attente, est un exemple isolé qui explique un problème beaucoup plus important : 17 ans après que Hong Kong ait été rendue à la Chine, ses habitants ont encore du mal à se considérer chinois. Des petites habitudes de vie aux libertés politiques, les différences sont encore immenses.

Candice.

 

2 réflexions au sujet de « A Hong Kong, on ne fume pas comme un Chinois »

  1. Bonsoir Candice,

    Vous soulignez très bien la différence culturelle entre Hong Kong et la Chine…
    Il faudra encore qq années pour qu’elle s’attenue !
    L’aspect comportemental des habitants de Hong Kong , me faisait penser à Singapour
    où dans le cas d’ un mégot jeté au sol, son auteur était assuré d’une forte contravention…
    Votre article intéressant , bravo!
    Salutations

    1. Bonjour Louis,

      Merci pour votre commentaire ! Je reviens justement de Singapour, où j’ai aussi ressenti ce côté aseptisé, peut-être même plus encore.

      J’espère que, comme vous le dîtes, le temps saura atténuer les différences culturelles entre Hong Kong et la Chine continentale.

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