CrossWorlds pour Causette : les faits divers qui ont marqué leur monde

Ce sont des histoires qui auraient dû finir dans l’oubli. Des récits glauques parmi d’autres dans des villes animées, une ou deux lignes supplémentaires dans la rubrique Faits divers des journaux quotidiens. Mais : un rebondissement inattendu, un détail incohérent, un suspect attachant… Et l’on se souvient.

Comment comprendre l’émotion de toute une société ? L’affaire du petit Gregory, celle d’Omar Raddad (« Omar m’a tuer »)… Certains faits divers ont tant marqué les Français qu’ils sont entrés dans le langage courant ; le magazine Causette leur consacre son hors-série de l’été 2016. Pourquoi eux ? Est-ce une affaire de mœurs, d’Histoire ou, juste, de hasard ? Les frontières imposent-elles une lecture variée des faits divers ?

Pour y répondre, les journalistes de Causette ont associé nos correspondants à leur projet. Dans nos pays d’accueil, nous avons cherché quel était « le » fait divers des cinquante dernières années qui a marqué les esprits jusqu’à aujourd’hui. Qui fait encore trembler les backpackers australiens. Qui incarne toujours le diable au féminin outre-Manche. Qui a brisé l’insouciance des années hippies aux Etats-Unis et donné naissance à une génération de parents surprotecteurs.

Il y a le moment des faits. Du feuilleton à péripéties. Le « monstre de Rostov » a étalé ses crimes dans les pays de l’ex-URSS.
Le moment de l’enquête. En Inde, l’affaire Aarushi a pris des allures de Cluedo national.
Le temps de la justice aussi. Les dix-huit années de lutte de Maria Da Penha, deux fois victime de tentative d’assassinat de son mari, qui ont abouti par ricochet à une nouvelle loi définissant les violences de genre au Brésil.
L’Après, quand l’opinion s’est faite une idée, que les personnes sont devenues des personnages et que les Méchants doivent payer. Mais même là, l’histoire est plus complexe. Les Sex Pistols ne chantaient-ils pas : « God save Myra Hindley » ?

Enfin, les questions éternelles. A New York, on ne sait toujours pas où se trouve le corps du petit Ethan. Et s’il est mort, d’ailleurs. On se dispute encore en Inde pour savoir qui a tué la jeune Aarushi. On est horrifié, on s’identifie. Pour l’historienne Mara Goyet, interviewée dans le hors-série et par Libération, les faits divers nous permettent même de nous « recentrer » car on touche au prosaïque, au tribal, dans un monde globalisé où l’on ne sait plus où regarder tant les mauvaises nouvelles s’accumulent.

Finalement, le fait divers s’insère bien dans la collection d’objets que nous avons constituée et traitée depuis trois ans à travers nos regards croisés ; car eux aussi peuvent «enchanter» notre quotidien. Du « Petit Chaperon rouge à la joggeuse » des années 2000, on réinvente des loups à craindre. Alors pour savoir quels sont ceux qui hantent l’imaginaire des sociétés où vivent nos correspondants, un magazine à se procurer: le hors-série d’été de Causette.

Bonne lecture  !

Clara Wright

SOMMAIRE

Tanzanie – Des corps trop blancs (Marianne Getti)
Etats-Unis – Le petit Ethan Patz ou la fin de l’insouciance hippie (Marie Jactel)
Afrique du Sud – Baby Tshepang, violée à neuf mois (Esther Meunier)
Angleterre – Myra Hindley, le diable au féminin (Clara Hernanz)
Japon – Le best seller du Manuel complet du suicide (Hannah Bidoire)
Turquie – Les suicidés de Batman (Marguerite Salles)
Australie – Ivan Milat, le tueur de backpackers (Elise Levy)
Brésil – Maria Da Penha, la survivante (Paul Divet)
Inde – L’affaire Talwar, un Cluedo de l’honneur (Anouch Carracilly)
Kirghizistan – Un monstre « made in USSR » (Margot Holvoet)
Cuba – Pas de « crónica roja » (Clara Wright)

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