EDITO – Le taxi, la rencontre.

Départ : Paris

Arrivées :
Pune (Inde)
Kuala Lumpur (Malaisie)
Berlin (Allemagne)
Tel Aviv (Israël)
São Paulo (Brésil)
Beyrouth (Liban)
Hong Kong (Chine)
Vancouver (Canada)

Caricature de Marguerite.

Les taxis, 8 pays, 8 regards. Crédits dessin: CrossWorlds/Illustration de Marguerite Boutrolle

 

Le taxi est la première rencontre entre l’immigré et sa terre d’accueil. Sa première balade, son premier visage et son premier échange aussi. Dans cette aventure qui débute au sortir de l’aéroport, toutes les dimensions comptent.

D’ailleurs, à l’aéroport, l’on repère vite les parisiens. Leurs bagages à la main, ils se pressent, ils sont inquiets. La chasse aux taxis a débuté dès que leurs pieds ont foulé la terre nouvelle. Mais ils sont prêts, ils ont été formés. A Paris, ils ont appris à être agiles et éviter les roues des taxis, à être aux aguets, à doubler ou à mordre pour être le premier.

Mais ici, c’est différent. A l’aéroport de Vancouver, un coordinateur gère une file d’attente disciplinée. Dans la ville de Pune ou de Kuala Lumpur, les taxis bourgeonnent, et l’on négocie le prix de la course. A São Paulo, ils savent même voler.

Le taxi est avant tout un véhicule, du « touc-touc » indien à la limousine bon marché canadienne. Son évolution, sa vitesse, son équipement offrent un aperçu de l’économie du pays mais aussi du comportement économique de ses habitants. Le taxi participe à l’organisation de l’espace urbain, avec ses points de stationnement, sa pratique de la route, sa visibilité dans le décor citadin. Le système de gestion des taxis permet, lui, de se faire une idée de la politique en place, comme à Paris, où l’Etat protectionniste, sans doute de très bonne volonté, limite le développement des services privés plus efficaces que les taxis habituels.

Prendre le taxi, c’est aussi faire confiance à l’homme au volant, ce taxi personnifié, qui représente, sans même le savoir, l’idée que vous vous ferez d’un pan de la société. De par son origine, souvent turque à Berlin ou indienne à Vancouver. Ou de par sa relation au client – à Tel Aviv, le conducteur est votre guide touristique tandis qu’à Kuala Lumpur, il est le chasseur et vous êtes la proie. Quel qu’il soit, il est celui avec lequel vous devez parvenir à communiquer, quitte à sortir une ardoise et à dessiner lorsqu’il ne parle que cantonais.

Arriver à se déplacer en taxi, c’est donc s’approprier une ville. C’est le premier rite d’initiation de l’immigré, un dépaysement assuré à travers un geste simple : ouvrir une porte et donner une adresse. Pour ce premier numéro, l’équipe CrossWorlds a donc pris le taxi, et recherché les multiples réalités que ce dernier véhicule. Huit pays, huit expériences. Pour notre première rencontre, vous aussi, laissez-vous conduire.

Clara Wright
@clarawright_

 SOMMAIRE

Première semaine

Au Brésil, à São Paulo
« C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est un taxi ». par Paul Divet
Article illustré par une caricature de Marguerite Boutrolle.

Au Canada, à Vancouver
« Je suis ici chez moi », par Clara Wright

 En Allemagne, à Berlin
« C’est la règle », par Rémi Bernard

Deuxième semaine

En Malaisie, à Kuala Lumpur
Dualité de taxis, dualité de clients, par Amaury Hauchard

En Chine, à Hong Kong
Petit guide pratique des taxis, par Camille Azoulai

Troisième semaine

En Israël, à Tel Aviv
Les taxis, ambassadeurs de la ville, par Sarah Melloul

En Inde, à Pune
Comment prendre un taxi sans apprendre l’hindi, par Paul-Henry Schiepan

Au Liban, à Beyrouth
Sur la voie d’un Beyrouth retrouvé, par Nicolas Hrycaj

Vidéo
Une minute et un petit tour du monde en taxi.

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