Du TacoBike californien au puestito mexicain

Notre correspondante d’ordinaire à Mexico s’est rendue à San Francisco, d’où elle a écrit son regard. 

A San Francisco, les vendredis soir ou samedi et dimanche matin près des marchés, les food trucks envahissent les parkings. Gros camions, sans serveurs, ni nappes, pas de chaise non plus : seulement les clients debout, un hot dog dans la main, des falafels ou un cupcake. C’est l’occasion d’être curieux et de tester de nouveaux plats dans ce « melting pot » culinaire qui va jusqu’à concocter des plats namibiens ou tanzaniens. Ces food trucks, à l’époque « les lunch wagon », sont apparus aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, plus particulièrement en Californie.

Menu du food truck "Fish Taco" Image de l'influence mexicaine sur la cuisine locale. Oakland, California. 13/12/2014 – Crédits photo : Elise Didier/Crossworlds

Menu du food truck « Fish Taco » Image de l’influence mexicaine sur la cuisine locale. Oakland, California. 13/12/2014 – Crédits photo : Elise Didier/Crossworlds

 

Du food truck au TacoBike

En tant que touriste à San Francisco, vivant d’ordinaire à Mexico, les couleurs des sauces piquantes et les odeurs de tortillas m’ont attirée. Aux fourneaux des roulottes qui proposent des fajitas, on trouve bien des Mexicains. Ils discutent en espagnol et l’on oublie être aux Etats-Unis. Pourtant, les plats préparés sont adaptés au pays, notamment à la ville, proche de la mer. Les « Fish Taco » par exemple sont des Tacos à la mexicaine mais fourrés de poissons de la Bay Area de San Francisco.

Dans une ville voisine, à Oakland, Gloria Dominguez, Mexicaine désormais résidente américaine, me parle du « TacoBike ». Si Gloria tient un restaurant mexicain « classique », le concept du « TacoBike » créé par Alfonso Dominguez, connait un gros succès. « Sur le trottoir de ‘La Calle Asadero‘, le vendredi soir en plein centre ville, la file d’attente s’étend sur plusieurs pâtés de maisons. Il faut s’y rendre tôt », raconte Gloria. « Si vous êtes du coin, vous pouvez même passer un coup de fil pour recevoir vos tacos à domicile. »

 4940353547_2626b7ef44_bUn tacobike le 21 août 2010 à la San Francisco Street Food Fest. Crédits photo: Flickr/CC/RobVSF

Le concept est simple : vendre de la nourriture mexicaine sur un vélo. La liste est longue, la cannelle sur le café, les burritos pour le petit-déj, les gorditas, les tortas ainsi que des tacos tièdes !

L’influence du style mexicain sur un concept occidental

Le concept du « TacoBike » est une « reprise » du style de street food que l’on peut trouver à Mexico City. Le typique food truck n’existe pas dans la capitale mexicaine, on y voit plutôt des « puestitos » (stands de rue) qui se trouvent sur chaque avenue et à chaque angle de rue. Le midi, il est plus fréquent de voir quelqu’un manger dans une barquette en polystyrène sur un trottoir qu’assis à une terrasse. A Mexico, les tacos que l’on peut trouver dans la rue ne coutent pas plus qu’une cinquantaine de pesos (moins de 3€), ce qui explique que la majorité de la population voit le street food comme un choix économique et une pratique quotidienne, non pas un repas occasionnel atypique.

Les Californiens au contraire s’attardent sur le choix de leur food truck, font l’aller-retour en voiture et quand le menu est conséquent, rapporte le tout chez eux. Mais au Mexique, quiconque mange des tacos dans la rue, reste debout accoudé au rebord du puestito, parle et s’agite, recommande plusieurs fois ses tacos préférés, entre « al pastor » et « barbacoa », en buvant une « agua de Horchata », ingurgite vite. Quand un étranger s’immisce au sein des clients, tous les regards se tournent vers lui : ce n’est pas commun de voir des touristes ou des Européens aller manger des tacos au coin de la rue.

Elise.

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