Comment prendre un taxi indien sans apprendre l’hindi

« I help you, you help me ! » : introduction pour l’usage des taxis (ou autres)

Ce concept indien est simple, il se passe même d’explication : « I help you, you help me ». Il se rencontre dans un nombre conséquent de contacts humains urbains, provoqués par divers nécessités, telle que celle de prendre un taxi dans une ville où les panneaux ne sont pas écrits dans le même alphabet 85% du temps.

Crédits photo - Paul-Henry Schiepan

Une rue de Pune, en Inde, en octobre 2013. Crédits photo: CrossWorlds/Paul-Henry Schiepan

 

La maxime « I help you, you help me » ne s’applique pas aux chauffeurs de taxi eux-mêmes mais aux rabatteurs qui, pour avoir trouver un client à leur copain conducteur, vous demandent de l’argent. Si vous ne trouvez pas cela logique, vous n’avez qu’à demander à un autre rabatteur d’être honnête ! Cette maxime existe aussi dans la police, si ce n’est de l’Inde, au moins du Mahārāshtra, l’Etat de Mumbai et Pune. Particulièrement pour l’obtention des papiers adéquats pour séjourner sur le territoire… Des procédures qui peuvent être très longues si vous « n’aidez » pas le policier du commissariat alentour.

« Rickshaw… Rickshaw !!! » : le véhicule et la route indienne

Le rickshaw, c’est avant tout trois petites roues sur 80cc, une armature métallique recouverte d’une toile et un klaxon qui a trop servi. Parfois décoré, souvent défoncé, ainsi est nommé par analogie son conducteur. Son omniprésence sur la route n’a d’égalque sa célébrité à travers toute l’Inde depuis l’époque coloniale où des hommes remplaçaient la troisième roue du taxi. Une célébrité qui étoufferait presque les taxis conventionnels.

Un rickshaw. Crédits photo - Paul-Henry Schiepan

Un rickshaw. Crédits photo: CrossWorlds/Paul-Henry Schiepan

 

Le rickshaw est aussi un premier contact avec le monde extérieur. Sans portes ni fenêtres, les odeurs viennent s’ajouter à l’expérience unique que représente un trajet en touc-touc dans une ville Indienne. La fluidité avec laquelle les choses se passent entre tant d’usagers « sans » code de la route est déconcertante et notre premier réflexe est de chercher bêtement une ceinture dans le rickshaw. Mais le chauffeur sait rassurer le client ; après tout il est le maître de la ville, en connaît les méandres et se laisse couler dans ses artères. Sa maîtrise d’une machine dont on devine que les freins n’en peuvent plus est surprenante, non moins que l’aisance avec laquelle il peut, à tout moment, emprunter le « Mumbai express » à contresens : « this way is better ! » vous expliquera-t-il.

« Meter ! No ? Put the meter please » : la quête du prix juste

Le « meter » est cet étrange boitier qui semble être animé par une manivelle que le rickshaw actionne et qui lance le compteur. A onze roupies du kilomètre il faut avouer que le prix est bas, très bas. Il est d’autant plus difficile d’estimer les prix sans pratique, car le prix théorique n’existe pas et l’on prend des taxis prépayés. Oui, il vous arrivera de payer autant pour un trajet de 30 km que pour un aller-retour Mumbai-Pune, soit l’équivalent de 340 km de route.

Souvent à la tombée de la nuit, il est déjà trop tard pour le compteur. S’ensuit alors l’instauration d’une « night charge » qu’il faut négocier avec le conducteur, mais avant ça, encore faut-il négocier le prix de départ et pour cela, le connaître. « Plus c’est gros, plus ça passe » doivent se dire certains rickshaws lorsqu’ils annoncent le prix aux clients. Si vous riez, ils riront parfois avec vous, car eux-mêmes savent que ce qu’ils demandent n’est pas sérieux. Après minuit, la pénurie de taxis donne tout pouvoir aux rares chauffeurs noctambules pour négocier des prix exorbitants. Mais après examen attentif, il est rassurant de constater que les Indiens eux-mêmes paient le double du tarif… de nuit !

« Thirty rupees extra baba ! » : le conducteur et l’organisation des taxis

« Baba » c’est tout aussi bien nous, que les rickshaws, que les serveurs, ou les gardes du distributeur. Synonyme de « papa », nous devenons tous instantanément des « babas » lorsque une négociation s’ouvre.

Les rickshaws sont regroupés en une organisation centralisée au niveau de la ville mais tous travaillent de manière indépendante. Ils oscillent entre de nombreux « spots » souvent à des carrefours, et des promenades dans la ville. Ces spots de quartier sont souvent plus le produit d’affinités que d’une organisation rationnalisée. Mais lorsque le chef du spot vous demande un extra sans raison apparente vous pourrez toujours compter sur l’un ou l’autre de ses sbires pour vous prendre au rabais, il n’y a pas de petit profit.

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Dans un rickshaw. Crédits photo: CrossWorlds/Paul-Henry Schiepan

 

Les rickshaws étant issus de castes inférieures, sans être considérés comme des Sûdras (des serviteurs), ils ne font pas non plus partie de la classe moyenne. C’est un étrange exemple de superposition du système des castes qui prédestine à celui des classes sociales supposée permettre l’ascension.

Peu parlent anglais, très peu comprendront l’endroit où vous vous rendez. En Inde les numéros n’existant pas, les repères se donnent comme suit : « the place opposite to … » ; il faut avouer que cela complique la tâche dans une ville de plus de trois millions d’habitants. Pourtant, les rickshaws deviennent des lieux quotidiens de la vie urbaine par déficience d’autres moyens de transport efficace mais aussi par goût pour ce petit charme « de la première fois » ; celui qui, à l’aéroport, transforme les curieux voyageurs en véritables pigeons, une magie que les rickshaws conservent malgré notre habitude, comme si tout cela était normal !

Paul Henry Schiepan

Une réflexion au sujet de « Comment prendre un taxi indien sans apprendre l’hindi »

  1. Rickshaw moteur ok mais vraiment fini les rickshaw vélo et pousse pousse?
    Et quand on n’a jamais été quelque part sans n on fait comment?

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