Super Tuesday à Santa Barbara : « Il y a quelque chose de politiquement incorrect chez Trump »

À l’occasion du Super Tuesday (étape décisive de la campagne des primaires américaines), notre correspondante en Californie nous livre une série de portraits. Découvrez ces « Humans of Santa Barbara », des étudiants de l’université californienne de Santa Barbara, qui prennent la parole.

Eric, étudiant en sciences politiques et philosophie, 3e année

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Eric, qui se définit comme républicain attaché au conservatisme fiscal. Crédits photo : CrossWorlds/Marie Jactel

 

« Je suis adhérent du parti Républicain depuis 2012, la première année où j’ai pu voter. J’adhère au conservatisme fiscal. C’est une question de responsabilité. C’est une illusion de dépenser plus d’argent public, et une mauvaise voie pour les générations futures. Il faudrait se concentrer sur les coupures budgétaires lorsque c’est nécessaire.

Les questions sociales ? Je suis en faveur du mariage de même sexe et d’une libéralisation de la marijuana. Je suis plus progressiste sur ces sujets-là. Pour le reste je me place dans la même ligne que le parti républicain.

Mon engagement politique a vraiment débuté en 2012, en devenant volontaire pour une campagne du Congrès. J’ai passé des centaines d’heures au téléphone. En 2013, j’ai rempilé pour les élections sénatoriales. L’année suivante, à nouveau, j’étais impliqué dans la réélection d’un membre du Congrès. À UCSB [NDLR University of California of Santa Barbara], je suis le secrétaire du parti Républicain. Et en ce qui me concerne, la politique est une histoire de famille. Ça remonte à plusieurs générations des deux côtés : j’avais des arrière-arrière-grand pères engagés dans l’armée lors de la guerre de Sécession.

« Le principal danger pour la jeunesse c’est l’endoctrinement, que ce soit d’un côté ou de l’autre. »

D’une manière générale, je pense que la jeunesse est un bloc puissant parce qu’elle a l’énergie. Est-ce qu’on doit s’engager ? Est-ce une obligation ? À mon avis, le principal danger pour la jeunesse c’est l’endoctrinement, que ce soit d’un côté ou de l’autre. On devrait vraiment donner aux jeunes la possibilité de choisir par eux-mêmes, leur montrer tous les autres partis qui sont dans la nature.

La réforme que j’espère ? Jusqu’à récemment j’aurais dit l’éducation, mais il y a eu des progrès de ce côté-là. Ironiquement, parce que je suis très modéré en matière de politique étrangère, ce qui m’inquiète c’est le déclin de la réputation des Etats-Unis dans le monde. Mais je crois qu’on ne peut restaurer cette réputation que par une politique énergétique, c’est-à-dire en étant indépendant vis-à-vis du pétrole arabe. Je pense vraiment qu’une telle politique couplée à une stratégie internationale plus intelligente serait bénéfique. 

« Entre Ted Cruz, Donal Trump et Marco Rubio, c’est vraiment dur de choisir. »

Au début mes candidats favoris étaient Rand Paul et Ben Carson, mais le premier n’est plus dans la course et le second n’a aucune chance de gagner. Entre Ted Cruz, Donal Trump et Marco Rubio, c’est vraiment dur de choisir. J’ai toujours apprécié Rubio dans le sens où il pourrait incarner un changement générationnel. C’est un peu le JFK de droite : jeune, énergique, hispanique. Mais je ne pense pas que Rubio ait une chance d’être élu. Il n’a pas gagné un seul Etat et avec Cruz ils se tirent vers le bas… alors que Trump explose.

« Il y a quelque chose chez Trump, dans son culte de la personnalité, dans sa colère et ses positions, quelque chose de politiquement incorrect »

Si ça n’est pas Rubio, je serais pour Trump. Il y a quelque chose chez lui, pas dans ses idées mais dans son culte de la personnalité, dans sa colère et ses positions, quelque chose de politiquement incorrect. Il catalyse le mécontentement à l’égard de l’establishment de Washington. C’est le même phénomène autour de Bernie à gauche.

C’est difficile de prévoir ce qu’il va se passer mardi prochain parce qu’il y a un fort contraste entre les Etats du Nord qui vont voter et ceux du Sud. Je pense que certains comme la Géorgie pourraient voter pour Cruz. S’il ne résiste pas, alors Trump va gagner à sa place. »

Propos recueillis par Marie Jactel

 

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