Archives du mot-clé fête

Uruguay : un carnaval festif, responsable et critique

Notre correspondante au Panama a déménagé en Uruguay. Là, elle a découvert que le carnaval est un temps de fête, qui questionne les évolutions de la société.

Jamais les rues de Montevideo, la capitale d’Uruguay, n’ont-elles été aussi bondées et aussi dynamiques. Tous se trémoussent, se vêtissent de costumes et marquent de leurs hanches et de leurs pieds la cadence entraînante.

Le défilé de "las llamadas" a lieu tous les ans au mois de février à Montevideo en Uruguay. © Flickr/CC/Federico Racchi

Le défilé de « las llamadas » a lieu tous les ans au mois de février à Montevideo en Uruguay. © Flickr/CC/Federico Racchi

 

La danse carnavalesque prend totalement d’assaut le pays pendant près de 35 jours, aussi bien à Punta del Diablo, village de pêcheurs, que dans la capitale. Le Carnaval uruguayen, à défaut d’être aussi gros que celui du Brésil, est considéré comme étant le plus long du monde en durée. Et à juste titre !

Si les célébrations elles-mêmes s’étendent sur les mois de janvier et février, les répétitions, elles ont lieu toute l’année. Il n’est pas rare de croiser des murgas, groupes d’une quinzaine d’artistes aux costumes colorés, qui s’expriment en chœurs sur un sujet de société.

Dénoncer l’addiction au numérique

Un acteur, au devant de la scène, interprète les propos énoncés dans les chants et entre dans une danse endiablée au rythme des trois percussions présentes, le bombo, le redoblante et les platillos.

Le rôle de ces murgas est de dénoncer les travers de la société. Elles étaient d’ailleurs particulièrement connues pour leurs propos subversifs sous la dictature militaire (1973 – 1985).

Plus dans l’ère du temps, le groupe de murga “A la bartola (“Se lancer sans réfléchir”) qui s’est présenté à Montevideo, dénonce notre addiction aux jeux vidéos et nos attachements aux applications numériques. Un pacman, un tetris, une Blanche-Neige et un Mario, entre autres personnages présents, coordonnent leurs voix pour dénoncer l’attachement aux jeux numériques.

“A la Barlota”, un groupe de jeunes formant une murga, s’expriment sur les attachements aux jeux vidéos et aux applications numériques, vêtus comme des personnages de jeux. Février 2018. © CrossWorlds / Judith Couvé

“A la Barlota”, un groupe de jeunes formant une murga, s’expriment sur les attachements aux jeux vidéos et aux applications numériques, vêtus comme des personnages de jeux. Février 2018. © CrossWorlds / Judith Couvé

 

Protéger les plages et le Rio de la Plata

En plus du Carnaval, le mois de février accueille en son deuxième jour le festival Yemanja, honorant la déesse des eaux et de la mer. Le Parque Rodó, poumon vert surplombant la rambla de Montevideo, se transforme alors en un véritable marché de bleu et de blanc vêtu. Bougies, bateaux, poupées représentant la déesse de l’eau, entre autres objets kitchs, sont vendus par centaines.

Cette célébration s’inscrit dans la religion Umbanda, pratiquée au Brésil et en Uruguay, arrivée dans un syncrétisme de traditions africaines qu’emmenèrent avec eux les esclaves noirs dans les années 1800.

Lors de la célébration de Yemanja, la mairie et des associations rappelaient, en musique et avec bonne humeur, l’importance de protéger les plages et le Rio de la Plata.

Des vendeurs installent leurs stands de fortune sur les allées piétonnes du Parque Rodo pour vendre, à l’occasion du fesival Yemanja, des offrandes bleues et blanches. Février 2018. © CrossWorlds / Judith Couvé

Des vendeurs installent leurs stands de fortune sur les allées piétonnes du Parque Rodo pour vendre, à l’occasion du fesival Yemanja, des offrandes bleues et blanches. Février 2018. © CrossWorlds / Judith Couvé

 

Ils encouragent le festival et les offrandes faites à la mer ou à la rivière par les pêcheurs, tout en militant pour des offrandes plus saines, biodégradables – ce qui explique le nombre grandissant de pastèques offertes aux eaux.

Les célébrations et les jeux en commun ne doivent en rien empiéter sur le bien des autres.

Dès le début de mois, des équipes de volontaires se déployaient tôt le matin sur la plage Rámirez pour récupérer autant que possible les offrandes polluantes et les déchets laissés par les fêtards. En Uruguay donc, les jeux et les célébrations sont un moment de partage et de grande festivité, mais où l’engagement social reste fort, tourné vers l’avenir.

Judith Couvé

Kwanzaa : une fête pour célébrer l’identité africaine-américaine

Lorsqu’il était candidat, Donald Trump accusait Barack Obama de souhaiter « bon Kwanzaa » mais pas « joyeux Noël » aux Américains – ce qui était faux. Une fois élu président, Donald Trump a présenté ses vœux à tous ceux qui célèbrent la fête de Kwanzaa, célébration qui s’est achevée en début de semaine. Beaucoup d’activistes ont dénoncé un comportement hypocrite.

Que représente cette fête pour les Américains ?

Les sept jours de célébration de Kwanzaa sont animés par des spectacles. © Flickr/CC/Black Hour

Les sept jours de célébration de Kwanzaa sont animés par des spectacles. © Flickr/CC/Black Hour

 

« Nous »

Depuis 1966, chaque année du 26 décembre au 1er janvier se déroule une fête des Africains-Américains appelée « Kwanzaa ».

Elle a été inventée par Maulana Karenga, professeur et intellectuel connu dans la communauté noire aux Etats-Unis pour son activisme. Figure importante du mouvement Black Power dans les années 1960 et 1970, il a ensuite cofondé avec Hakim Jamal l’organisation Us, un groupe nationaliste noir en concurrence avec les Black Panthers. Us désigne « us » c’est-à-dire « nous » les Noirs, en opposition à « them » c’est-à-dire « eux », les oppresseurs.

La fête du Kwanzaa revêt une signification particulière et politique pour la communauté noire américaine. Ce n’est pas une célébration religieuse mais une fête qui tend à rassembler les Africains-Américains autour de leur héritage culturel commun, prônant l’affirmation de soi.

Le nom vient de la phrase « matunda ya kwanza » qui signifie ”premiers fruits” en swahili, langue africaine majoritairement parlée en Afrique de l’Est. C’est une référence aux célébrations qui suivaient les premières récoltes en Afrique et au panafricanisme.

Héros

Lors de Kwanzaa, que ce soit en famille ou entre étudiants dans les universités, on célèbre les héros de l’histoire des Africains-Américains, on organise des évènements culturels et culinaires pour redonner de l’importance à la culture noire, et à sa place dans l’Histoire tout court.

Des hommages sont rendus à des figures historiques comme Rosa Parks, Martin Luther King ou à des artistes qui ont marqué l’histoire de leur domaine, comme Bob Marley par exemple. Il s’agit aussi de faire une fête pour les Noirs,  Noël étant perçu comme une fête pour les Blancs. Pour des raisons religieuses ou traditionnelles, les Africains-Américains n’ont, bien sûr, pas à choisir entre Noël et Kwanzaa.

Une fête très symbolique, mais moins célébrée

Toutefois, très peu d’Américains célèbrent Kwanzaa, qui semble être moins populaire que jadis. Selon Mark Anthony Neal, auteur et professeur d’études africaines-américaines, le déclin s’explique par le sentiment que c’est une fête fabriquée et artificielle et par le fait que la nouvelle génération africaines-américaine ne ressent pas le besoin de cette fête pour apprendre ou célébrer son héritage car elle est plus facilement au courant de l’histoire de sa communauté et de ses combats, grâce à Internet notamment. Mais avec des mouvements plus récents comme #BlackLivesMatter qui peuvent être intégrés dans Kwanzaa, un regain d’intérêt est espéré par certains militants.

Se déroulant juste après Noël et Hanoukka, le manque de popularité de Kwanzaa peut aussi venir de la relation méfiante entre les églises noires qui n’encouragent pas toujours leurs fidèles à célébrer cette fête considérée païenne.

7 jours pour 7 valeurs

Kwanzaa dure sept jours et ce n’est pas un chiffre choisi par hasard. Chaque jour est célébrée l’une des sept valeurs suivantes, « nguzo saba » en swahili : « umoja » qui désigne l’unité, « kujichagulia » qui désigne l’auto-détermination, « ujima » qui désigne le travail collectif et la responsabilité, « ujamaa » qui désigne la coopération économique, « nia » qui désigne le but, « kuumba » qui désigne la créativité et « imani » qui désigne la foi.

Le symbole de ces principes est un bougeoir à sept branches et sept bougies appelé « kinara ». Trois bougies vertes, une noire et trois rouges, en référence au drapeau panafricain présenté en 1920 par le militant Marcus Garvey lors de la première convention de l’Universal Negro Improvement Association (UNIA). Sur les étales des magasins de cartes postales, on peut trouver des cartes aux couleurs de ce drapeau souhaitant un “Happy Kwanzaa !” et les bougeoirs sont placés dans les salons avec d’autres décorations représentant l’Afrique.

Astrig Agopian

Sept jours au Liban

 

Notre correspondante en Jordanie a passé une semaine à parcourir le Liban du Nord au Sud. Carnet de voyage depuis Beyrouth, Saida, Tyr, Byblos, Tripoli et Baalbek.

Difficile de résumer une semaine au Liban en quelques mots, à travers quelques photos. Sept jours, dans ce petit pays situé aux confins de l’Orient et de l’Occident, c’est déjà presque trop et pourtant pas assez. De très petite taille, à peine quatre fois plus grand que le Luxembourg, le pays des cèdres se parcourt facilement et rapidement grâce à ses mini-vans qui vous déposent de ville en ville pour une somme variant de 1 à 5 dollars.

Mais pour découvrir le Liban, véritablement, sept est un chiffre dérisoire. Les richesses du pays se dévoileront, peu à peu, à qui saura être attentif et patient. De par la diversité de ses paysages, de ses communautés religieuses, de ses cultures et de son histoire, le Liban, pays aux visages multiples, a ceci de fascinant qu’il ne se livre jamais complètement. Le Liban présente d’étonnantes contradictions mêlant modernité et tradition, folle insouciance et pragmatisme, désinvolture et conformité.

Ahlan wa sahlan bi Lubnan !




Maÿlis de Bantel

Sous les paillettes, la lutte pour l’avancée des droits des homosexuels à Sydney continue

« It’s crazy ! » me lance d’un air ébahi la personne à ma droite, agglutinée dans la foule. C’est entre deux rues, Oxford et Flinder, en plein cœur du « quartier homo » de Sydney, que l’on s’est retrouvé serrés aux côtés de plus de 500 000 spectateurs. Les plus malins sont montés sur des cageots, des poubelles ou même des boîtes aux lettres. À l’occasion de la 38ème parade annuelle « Sydney Gay and Lesbian Mardi Gras », l’attention se porte sur les quelques 175 chars et 12 500 personnes qui défilent aux couleurs du mouvement LGBTQ.

Oxford Street, Sydney Mardi Gras - Les plus malins sont montés sur des cageots, des poubelles ou même des boîtes aux lettres. Mars 2016 - Crédits Photos : CrossWorlds/Loïc Renaudier

Oxford Street, Sydney Mardi Gras – Les plus malins sont montés sur des cageots, des poubelles ou même des boîtes aux lettres. Mars 2016 – Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

 

Que ce soient les policiers, les ONG, Facebook ou même les partis politiques, tous participent à cette immense fête, qui attire chaque année de plus en plus de touristes – australiens ou non. Dans un interview donné à la télévision locale ABC, le directeur exécutif de l’événement, Michael Rolik, affirme même que ce Mardi Gras est le deuxième plus gros événement de New South Wales en terme d’impact économique.

Oxford Street, Sydney Mardi Gras - "Cum Safely !". Mars 2016 - Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

Oxford Street, Sydney Mardi Gras – « Cum Safely ! ». Mars 2016 – Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

Oxford Street, Sydney Mardi Gras - le char Facebook aux couleurs LGBT. Mars 2016 - Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

Oxford Street, Sydney Mardi Gras – le char Facebook aux couleurs LGBT. Mars 2016 – Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

 

On y voit des chars en forme de préservatifs qui crachent des paillettes ; on admire les costumes flamboyants des danseurs ; ça chante, ça danse, ça rigole ; on discerne quelques fessiers bien assumés ; on applaudit les slogans chocs (« CUM SAFE »). L’ambiance est à la joie et à la tolérance. Une fois encore, il est difficile de s’imaginer ce par quoi les gays, lesbiennes, et trans ont dû passer pour être enfin acceptés au sein de la société.

Un crime jusqu’en 1984

Car en New South Wales, l’homosexualité était un crime jusqu’en 1984. Un crime passible de peine de mort au 18ème siècle, puis passible d’emprisonnement à vie à partir de 1899. Si les dates diffèrent entre les États, on peut noter une similitude : c’est tard.

Oxford Street, Sydney Mardi Gras - le char préservatif cracheur de paillettes: prévenir contre les MST. Mars 2016 - Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

Oxford Street, Sydney Mardi Gras – le char préservatif cracheur de paillettes: prévenir contre les MST. Mars 2016 – Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

 

La première édition de cette parade en faveur des droits LGBT date de 1978. Le rassemblement, qui dénonçait harcèlement policier et discrimination anti-gays, s’était alors ironiquement soldé par l’arrestation de 50 personnes. Petit à petit, des droits LGBT ont été acquis au cours d’une longue bataille, dont le Mardi Gras reste le symbole fédérateur. Un spectateur se souvient encore de sa première parade en 1990, « où la sensation d’être accepté par la foule lui avait procuré des larmes de joie ».

Flinders Street, Sydney Mardi Gras - Amnesty International défile pour les droits LGBT. Mars 2016 - Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

Flinders Street, Sydney Mardi Gras – Amnesty International défile pour les droits LGBT. Mars 2016 – Crédits Photo : CrossWorlds/Loïc Renaudier

 

Pourtant, une banderole sur l’un des chars rappelle que ce combat est encore d’actualité. Parmi les dernières avancées dans le New South Wales, la reconnaissance du pacte civil en 2010, et, en projet, le mariage pour tous. « Let’s get married in 2016, Australia ! », s’enthousiasment les pancartes brandies dans la foule.

Flinders Street, Sydney Mardi Gras - "

Flinders Street, Sydney Mardi Gras – « Let’s get married Australia ! ». Mars 2016 – Crédits Photos : CrossWorlds/Loïc Renaudier

 

En 2014, la Commission australienne des droits de l’Homme établissait que près de 10% des Australiens étaient « d’orientation sexuelle, d’identité sexuelle ou de sexe divers. » Dans les relevés officiels de population, on note une augmentation de 32% en 5 ans depuis 2006 des couples de même sexe. Ce n’est donc pas par hasard que Malcolm Turnbull, le Premier Ministre, a pointé le bout de son nez, en vue des élections fédérales australiennes en fin d’année 2016.

Loïc Renaudier

Une Gay Pride au goût d’entre-soi chic en Afrique du Sud

Ce 31 octobre, la communauté LGBTQ+ (acronyme désignant les communautés gay, lesbienne, bisexuelle, transgenre, transexuelle et queer ou « questionning », ainsi que intersex, asexual…) de Johannesburg s’est réunie au stade Wanderers pour participer à la 26e édition de la Johannesburg Pride.

31 octobre, une marée arc-en-ciel envahit les rues du quartier de Melrose à Johannesburg : c’est la 26ème édition de la Johannesburg Pride !

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

Le mariage homosexuel légal en Afrique du Sud

Parmi les manifestants, deux ne se lâcheront pas la main du cortège. Véronique et Lisle sont mariées depuis 1 an et 4 mois. Elles sourient fièrement en montrant leurs alliances. L’Afrique du Sud est en avance sur ses voisins : c’est le seul pays africain à avoir légalisé le mariage homosexuel, en 2006. Le Mozambique a autorisé les relations homosexuelles cette année, le Lesotho il y a trois ans. Mais au Swaziland et en Namibie,  pays aussi frontaliers, les relations sexuelles entre hommes sont toujours illégales (elles n’ont jamais été illégales entre femmes dans ces pays). Au Botswana, toute relation homosexuelle est théoriquement punie de 7 ans de prison.

Véronique et Lisle sont mariées depuis 1 an et 4 mois. En Afrique du Sud, le mariage homosexuel est légal depuis 2006.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

Au sein du pays, une tolérance à échelle variable

Mais des luttes restent aussi à mener en Afrique du Sud. « Dans ces quartiers riches de la capitale, les LGBTQ+ sont bien acceptés », observe Izzy, membre de l’association We The Brave qui a lancé le hashtag #BraveEnough pour soutenir la communauté homosexuelle masculine en Afrique du Sud. Il dénonce un combat à deux vitesses :

« A Johannesburg, les homosexuels ne subissent pas de discrimination à l’école ou ailleurs. A Soweto c’est différent, la Gay Pride est plus politique car les gens doivent encore se battre ».

« Dans ces quartiers riches de la capitale, les LGBTQ+ sont bien acceptés », observe un membre de l’association We The Brave qui a lancé le hashtag #BraveEnough pour soutenir la communauté homosexuelle masculine en Afrique du Sud. Ils dénoncent un combat à deux vitesses : « A Johannesburg, ils ne subissent pas de discrimination à l’école ou ailleurs. A Soweto c’est différent, la Gay pPide est plus politique car les gens doivent encore se battre. »

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

 

Les manifestants de Soweto réunis fin septembre pour la dixième édition de leur Gay Pride réclamaient des avancées concrètes, comme sécuriser les rues. L’insécurité reste un problème national endémique : dans ce reportage signé eNCA, une chaine d’information continue sud africaine, deux personnes jouent la scène d’une agression homophobe.

Ces dernières années, les attaques contre la communauté LGBT se sont multipliées dans ce township emblématique, situé en banlieue de Johannesburg, où furent regroupées les populations noires durant l’apartheid. Sa population reste fortement défavorisée par rapport à celle des quartiers riches de Johannesburg.

Dans la capitale, c’est l’aide à la procréation qui est au cœur des discussions. MedFem propose ainsi d’assister les couples lesbiens dans le projet parental, en facilitant notamment l’accès au don de sperme.

 

A Johannesburg, le sujet de l’aide à la procréation est au coeur des discussions. Une question qui est loin d’être une priorité pour le reste des communautés gay d’Afrique du Sud.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

Carré VIP, petits fours et champagne

Dans la capitale, l’ambiance légère et décomplexée est plus à la fête qu’aux débats politiques. Les manifestants arborent des costumes de toutes sortes tandis qu’à l’entrée du rassemblement, un carré VIP climatisé accueille ceux qui voudront bien payer. Au menu, champagne et petits fours.

L’ambiance est à la fête et de très nombreuses personnes se sont déguisées pour l’occasion.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

A l’entrée du rassemblement, un carré VIP climatisé payant. Au menu, champagne et petits four

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

 

Le service de sécurité est lui réduit au minimum pour une Gay Pride dans la joie et la bonne humeur. Rien à voir avec Soweto, où les organisateurs avaient formé un cordon de rubalise autour du cortège pour encadrer les manifestants. Ici à Joburg’, seulement deux voitures de police devant, deux derrière, et deux ou trois agents à pied. Bilan de la journée : un rassemblement au goût d’entre-soi chic, dans ce quartier de Melrose, où les participants admettent eux-mêmes être moins là pour faire valoir des revendications politiques que pour faire la fête.

Un service de sécurité réduit au minimum pour une gay pride dans la joie et la bonne humeur. Deux voitures de police devant, deux derrière, et seulement deux ou trois agents à pied pour encadrer les manifestants.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

 

Esther Meunier
@EstherMeunier

Vous souhaitez en savoir plus sur l'identité, l'orientation sexuelles et le genre ? Relisez notre regard croisé sur Le sexe opposé dans huit pays du monde.