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« Zuma must fall » : la colère des Sud-africains contre leur président

Le 16 décembre est férié en Afrique du Sud et placé sous l’aura de la réconciliation depuis la fin de l’apartheid. Mais aujourd’hui, la foule gronde. Les Sud-africains ont manifesté ce 16 décembre pour dire leur mécontentement à l’égard de leur président, Jacob Zuma, et scandent des slogans comme : « pas de réconciliation avec la corruption ».

Plusieurs milliers de personnes ont marché à Johannesburg, Pretoria et au Cap, une semaine après qu’ait débuté un feuilleton au ministère des finances sud-africain, qui a vu trois ministres différents se succéder en cinq jours et a fait fortement chuter le rand, la monnaie locale.

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Les manifestants réunis au pied du Mandela Bridge. 16 décembre 2015, Johannesburg. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier

 

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Sur la pancarte, Nene. Il est le premier des ministres à avoir été limogé, remplacé par David van Rooyen, relativement inconnu, conduisant le rand à atteindre un taux historiquement bas vendredi 11 décembre. 16 décembre 2015, Johannesburg. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier

 « Pas de réconciliation avec la corruption »

L’exaspération des Sud-africains a été alimentée par différents scandales, le dernier en date étant celui de Nkandla, où il a été révélé que de l’argent public avait servi à rénover la résidence personnelle du Président Zuma.
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A l’avant du cortège, un bandeau « Pas de réconciliation avec la corruption ». 16 décembre 2015, Johannesburg. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier

 

Le président est la première cible des manifestants. Le slogan « Zuma Must Fall » fait référence aux précédents mouvements « Rhodes Must Fall » pour la désinstallation d’une statue du colonisateur Rhodes dans l’université de Cape Town et « Fees Must Fall » contre l’augmentation des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur.
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Les manifestants, défilant sur le Mandela Bridge. 16 décembre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier

 

Le limogeage du ministre des finances sans raisons officielles et la confusion qui s’en est suivie a été la goute d’eau qui a fait déborder le vase. Les manifestants regrettent que l’ANC, le parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, ait néanmoins soutenu le Président lors d’une conférence de presse donnée mardi 15 décembre alors même que le parti pourrait le destituer. Après les discours, ils ont symboliquement traversé le Mandela Bridge.
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Après les discours, les manifestants ont symboliquement traversé le Mandela Bridge. 16 décembre 2015, Johannesburg. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier

 

Certains manifestants, chantent également en zulu que « Zuma est un traître ». Beaucoup de discours dénoncent l’abandon de l’héritage des leaders anti-apartheid tels que Mandela, Steve Biko et bien d’autres. Cependant l’esprit de la réconciliation est bien présent, selon une manifestante qui assure que « nous sommes multi-raciaux, ce n’est pas à propos de ça ». La foule des manifestants était en effet arc-en-ciel ce mercredi.
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Une foule arc-en-ciel en colère ce 16 décembre 2015, lors de la manifestation contre le président Zuma en Afrique du Sud. 16 décembre 2015, Johannesburg. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier

 

Esther Meunier

Une Gay Pride au goût d’entre-soi chic en Afrique du Sud

Ce 31 octobre, la communauté LGBTQ+ (acronyme désignant les communautés gay, lesbienne, bisexuelle, transgenre, transexuelle et queer ou « questionning », ainsi que intersex, asexual…) de Johannesburg s’est réunie au stade Wanderers pour participer à la 26e édition de la Johannesburg Pride.

31 octobre, une marée arc-en-ciel envahit les rues du quartier de Melrose à Johannesburg : c’est la 26ème édition de la Johannesburg Pride !

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

Le mariage homosexuel légal en Afrique du Sud

Parmi les manifestants, deux ne se lâcheront pas la main du cortège. Véronique et Lisle sont mariées depuis 1 an et 4 mois. Elles sourient fièrement en montrant leurs alliances. L’Afrique du Sud est en avance sur ses voisins : c’est le seul pays africain à avoir légalisé le mariage homosexuel, en 2006. Le Mozambique a autorisé les relations homosexuelles cette année, le Lesotho il y a trois ans. Mais au Swaziland et en Namibie,  pays aussi frontaliers, les relations sexuelles entre hommes sont toujours illégales (elles n’ont jamais été illégales entre femmes dans ces pays). Au Botswana, toute relation homosexuelle est théoriquement punie de 7 ans de prison.

Véronique et Lisle sont mariées depuis 1 an et 4 mois. En Afrique du Sud, le mariage homosexuel est légal depuis 2006.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

Au sein du pays, une tolérance à échelle variable

Mais des luttes restent aussi à mener en Afrique du Sud. « Dans ces quartiers riches de la capitale, les LGBTQ+ sont bien acceptés », observe Izzy, membre de l’association We The Brave qui a lancé le hashtag #BraveEnough pour soutenir la communauté homosexuelle masculine en Afrique du Sud. Il dénonce un combat à deux vitesses :

« A Johannesburg, les homosexuels ne subissent pas de discrimination à l’école ou ailleurs. A Soweto c’est différent, la Gay Pride est plus politique car les gens doivent encore se battre ».

« Dans ces quartiers riches de la capitale, les LGBTQ+ sont bien acceptés », observe un membre de l’association We The Brave qui a lancé le hashtag #BraveEnough pour soutenir la communauté homosexuelle masculine en Afrique du Sud. Ils dénoncent un combat à deux vitesses : « A Johannesburg, ils ne subissent pas de discrimination à l’école ou ailleurs. A Soweto c’est différent, la Gay pPide est plus politique car les gens doivent encore se battre. »

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

 

Les manifestants de Soweto réunis fin septembre pour la dixième édition de leur Gay Pride réclamaient des avancées concrètes, comme sécuriser les rues. L’insécurité reste un problème national endémique : dans ce reportage signé eNCA, une chaine d’information continue sud africaine, deux personnes jouent la scène d’une agression homophobe.

Ces dernières années, les attaques contre la communauté LGBT se sont multipliées dans ce township emblématique, situé en banlieue de Johannesburg, où furent regroupées les populations noires durant l’apartheid. Sa population reste fortement défavorisée par rapport à celle des quartiers riches de Johannesburg.

Dans la capitale, c’est l’aide à la procréation qui est au cœur des discussions. MedFem propose ainsi d’assister les couples lesbiens dans le projet parental, en facilitant notamment l’accès au don de sperme.

 

A Johannesburg, le sujet de l’aide à la procréation est au coeur des discussions. Une question qui est loin d’être une priorité pour le reste des communautés gay d’Afrique du Sud.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

Carré VIP, petits fours et champagne

Dans la capitale, l’ambiance légère et décomplexée est plus à la fête qu’aux débats politiques. Les manifestants arborent des costumes de toutes sortes tandis qu’à l’entrée du rassemblement, un carré VIP climatisé accueille ceux qui voudront bien payer. Au menu, champagne et petits fours.

L’ambiance est à la fête et de très nombreuses personnes se sont déguisées pour l’occasion.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

A l’entrée du rassemblement, un carré VIP climatisé payant. Au menu, champagne et petits four

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

 

Le service de sécurité est lui réduit au minimum pour une Gay Pride dans la joie et la bonne humeur. Rien à voir avec Soweto, où les organisateurs avaient formé un cordon de rubalise autour du cortège pour encadrer les manifestants. Ici à Joburg’, seulement deux voitures de police devant, deux derrière, et deux ou trois agents à pied. Bilan de la journée : un rassemblement au goût d’entre-soi chic, dans ce quartier de Melrose, où les participants admettent eux-mêmes être moins là pour faire valoir des revendications politiques que pour faire la fête.

Un service de sécurité réduit au minimum pour une gay pride dans la joie et la bonne humeur. Deux voitures de police devant, deux derrière, et seulement deux ou trois agents à pied pour encadrer les manifestants.

La 26e édition de la Gay Pride à Johannesburg a eu lieu le 31 octobre 2015. Crédits photo : CrossWorlds/Esther Meunier.

 

Esther Meunier
@EstherMeunier

Vous souhaitez en savoir plus sur l'identité, l'orientation sexuelles et le genre ? Relisez notre regard croisé sur Le sexe opposé dans huit pays du monde.