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Playlist du monde : cette année, dansez autrement !

2019, c’est ce soir. Et cette année, ne dansez pas comme d’habitude. Bougez au rythme des chansons qui cartonnent actuellement dans les pays de plusieurs de nos correspondants !

Dancefloor en Allemagne. L'équipe CrossWorlds vous souhaite une belle année ! © CrossWorlds / Gabriel Goll

Dancefloor en Allemagne. L’équipe CrossWorlds vous souhaite une belle année ! © CrossWorlds / Gabriel Goll

 

 

Inde

Tunak Tunak Tun

est le bruit que fait le tumbi, instrument traditionnel de la région du Punjab. C’est aussi le titre d’une chanson bangra/pop, et surtout d’un hit sorti en 1998 et toujours aussi écouté aujourd’hui.

Cette popularité s’explique surtout par la vidéo qui accompagne la musique, une des premières à devenir virales avant même l’existence de YouTube. Dans ce clip, le chanteur Daler Mehndi danse avec trois de ses clones, représentant les quatre éléments, pour déclarer son amour à l’élue de son coeur.

Ce clip est d’autant plus surprenant qu’il va à l’encontre des ceux produits de l’époque qui mettaient en scène des chorégraphies épiques avec de nombreux danseurs et danseuses. Daler Mehndi explique ce choix sur son site internet officiel en disant qu’il répondait aux critiques de l’époque qui considéraient que sa musique était populaire seulement grâce aux danseuses de ses clips. Sur YouTube depuis 2014, la vidéo comptabilise déjà plus de 100 millions de vues, en plus des nombreuses reprises et parodies qui existent en ligne.

Aurélie Loek (Chandigarh)

Aankh Marey est la première musique issue du film bollywoodien Simmba. Single en prévision d’un album, Aankh Marey a été mise en ligne début décembre afin de générer un engouement autour du film sorti le 28 décembre. En moins d’un mois, la vidéo frôle les 200 millions de vues et les Indiens sont nombreux à reproduire la chorégraphie du clip lors de soirées.

Le succès de cette chanson s’explique par son rythme très dansant et par l’immense popularité de l’acteur principal, Ranveer Singh.

Mais si cette musique a pu atteindre un nombre si important de vues sur YouTube, c’est surtout grâce aux 77 millions d’abonnés de T-Series, la chaîne qui l’a publiée. T-Series est un label discographique et une société de production de films indienne spécialisée dans les films bollywodiens. Sa chaîne YouTube a beaucoup fait parler d’elle il y a quelques semaines car elle a été en passe de devenir la chaîne avec le plus d’abonnés, devant Pewdiepie. Ce youtubeur suédois a finalement gardé son titre mais cela pourrait n’être que provisoire face à la grande popularité des musiques bollywoodiennes dans un pays de plus en plus peuplé et connecté comme l’Inde.

Noé Bauduin (Chennai)

Afrique du Sud

Cocorico ! Une des chansons les plus écoutées en ce moment en Afrique du Sud découle de la collaboration entre le DJ sud-africain, Black Coffee, et du français David Guetta.

Le titre Drive offre une partition bien différente de celles auxquelles le DJ français nous avait habitué. Black Coffee n’en est pas à sa première collaboration avec des artistes internationaux. Le légendaire DJ sud-africain tisse son esthétique sonore autour de la voix onirique de Delilah Montaigu. Les basses rondes et entêtantes, ainsi que le marimba lumineux et stellaire, nous feraient presque perdre les pédales.

Vincent Perret (Cape Town)

Etats-Unis

 

Aux États Unis, la chanson « Thank you, next » de Ariana Grande a battu tous les records cette année. Dès sa sortie sur YouTube, le 30 novembre 2018, elle atteint les 46 millions de vues en 24 heures. Pour l’anecdote, ce record a même « saturé » le réseau de Youtube qui, à cause de l’abondance de commentaires, a dû les poster avec du retard, selon le compte Twitter officiel de la plateforme musicale.

Avec plus de 218 millions de vues, « Thank you next » est le morceau du moment, écouté en boucle par les Américaines. Issu de l’album Sweetener, sorti mi-août, la chanson parle de la vie amoureuse de son interprète, Ariana Grande, nommant un à un ses ex, non pas pour les dénigrer mais pour les remercier, afin qu’elle puisse aller de l’avant dans sa vie sentimentale. Pour son clip, la chanteuse s’est inspirée de 4 teen movies cultes: Lolita malgré moi, American Girls, 30 ans sinon rien et La Revanche d’une blonde.

Gaëlle Fournier (Columbia, Missouri)

En Azerbaïdjan, le feu pour commencer l’année

Après une semaine de vacances à l’occasion de « Novrouz », les Azerbaïdjanais sont retournés travailler.

Le « nouveau jour », de l’Iran à l’Azerbaïdjan

« Novrouz », le « nouveau jour » en persan, est la fête célébrant l’arrivée du printemps et la nouvelle année dans une zone géographique très étendue englobant l’Iran, les pays d’Asie centrale, les communautés parsies d’Inde, l’Afghanistan, le Kurdistan, et l’Azerbaïdjan. Il s’agit ainsi de la zone d’influence du zoroastrisme, premier monothéisme connu (6e siècle avant Jésus-Christ), mais cette fête est probablement d’origine encore plus ancienne.

Si Novrouz (ou Norouz, Navruz, Nooruz, Nauroz… suivant les zones et les communautés) semble-t-être avant tout une fête iranienne, elle revêt une importance centrale en Azerbaïdjan, où elle est l’occasion d’une semaine de vacances nationales, se prépare un mois à l’avance et donne lieu à des festivités rituelles dans tout le pays.

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« Bonnes fêtes de Novrouz ! » peut-on lire sur cette banderole installée plusieurs semaines à l’avance à Lahic. Crédits photo: CrossWorlds/Margot Holvoet

 

L’eau, le vent, la terre et le feu

Durant le mois précédent Novrouz (toujours entre le 20 et le 22 mars, à l’équinoxe de printemps), les Azerbaïdjanais fêtent chaque mardi un élément : d’abord l’eau, puis le vent, la terre et enfin, le feu. Durant ces quatre mardis, des feux de bois sont allumés, au-dessus desquels sautent les adolescents – autant rite de purification que défi de testostérone. Le feu est le seul des éléments encore présent aux festivités tout au long du mois.

Saut au dessus du feu pour Novrouz, le 21 mars 2015. Crédits photo: Vugar Sevdimali/ https://sevdimali.wordpress.com/, prêtée à Crossworlds.

Saut au dessus du feu pour Novrouz, le 21 mars 2015. Crédits photo : avec l’autorisation de Vugar Sevdimali.

 

Ces mardis  sont l’occasion de grands repas de familles, souvent autour du plov – plat à base de riz se déclinant dans toute l’Asie centrale et jusqu’en Azerbaïdjan en saveurs nationales (ici riz, fruits secs et viande) ou d’un plat de riz et poisson venu d’Iran. Le dernier mardi donne lieu à des feux d’artifices. Après le repas, les enfants en groupe déposent des chapeaux devant les portes des maisons et sonnent, espérant récolter friandises et petite monnaie.

« Je préférais Novrouz quand j’étais jeune, c’était plus amusant ; mais c’est toujours l’occasion de se rassembler, on se promène, regarde la télé en famille… c’est la fête du printemps, tout est positif ! » résume Eminn, Azéri de 23 ans.

Le jour de l’équinoxe se prépare longtemps à l’avance ; de Bakou, la capitale, aux régions, chacun décore sa maison de « semini », germes poussant dans un plat pour symboliser le renouveau du printemps, et c’est l’occasion d’offrir des cadeaux goûteux (fruits secs, baklavas azerbaïdjanais, …). Novrouz est parfois aussi associée à la fête des morts.  Les Azéris se rendent aux cimetières décorer les tombes de leurs proches, sépultures parfois encore empreintes de zoroastrisme – visible par des symboles animaux ou végétaux, l’Azerbaïdjan était de tradition zoroastriste avant les conquêtes arabes.

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« Semini » sur une tombe, sur la route de Lahic (au Nord de l’Azerbaïdjan), le 14 mars 2015 . Crédits photo: CrossWorlds/Margot Holvoet

 

Une semaine d’arrêt

Le samedi 21 mars, la « vieille ville » – centre historique de Bakou – a été le théâtre de chants, de marchés traditionnels, de danse, et des stands de plusieurs pays (Ouzbékistan, Turkménistan, Kazakhstan…) ont été installés, proposant des plats et objets artisanaux nationaux. Pour prévoir la grande affluence à cette occasion plusieurs avenues du centre-ville ont été interdites à la circulation.

Pendant la semaine de Novrouz, le pays est comme ralenti. Les services et administrations sont réduits au minimum, beaucoup de citadins rentrent dans les régions ; c’est le cas de Tsamid, parti rendre visite à sa mère à Giriz, hameau de 30 maisons isolé dans les montagnes du Nord de l’Azerbaïdjan, où Novrouz se fête comme partout ailleurs mais où la vie reste rythmée par les animaux à veiller, à emmener paître sur les flancs de montagnes, à rentrer le soir.

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Tsamid, à droite, Bakinois originaire de Giriz rentré pour Novrouz., le 23 mars 2015. Crédits photo: avec l’autorisation de Vugar Sevdimali

 

Mais hier, la vie à repris à Bakou, par décision gouvernementale. Les vacances sont finies, les Bakinois retournent au travail, les rues s’emplissent de nouveau d’embouteillages. Jusqu’au prochain Novrouz.

Margot Holvoet

Tickets de loterie et boxers rouges : le Nouvel An à Hong Kong

Vendredi 20 février 2015. La foule se presse sur la péninsule de Kowloon afin d’obtenir la meilleure vue possible de la célèbre skyline de Hong Kong. Dans quelques instants, l’impressionnant feu d’artifice célébrant le Nouvel An Chinois va commencer. Nous sommes entrés dans l’année de la Chèvre le soir du 18 février, et les festivités durent ensuite 15 jours. Le Nouvel An est, de loin, la fête la plus importante de la culture chinoise.

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Hong Kong quelques minutes avant le feu d’artifice du Nouvel An chinois, le 20 février 2015. Crédits Photo: CrossWorlds/Candice Altmayer

 

Cela se ressent à Hong Kong. Depuis des semaines les immeubles, magasins et restaurants s’ornent de décorations rouges aux caractères dorés représentant la chance et la prospérité. Des mandariniers sont posés à toutes les entrées car la prononciation du mot en chinois évoque la bonne fortune. Et, fait très rare à Hong Kong, de nombreux commerces ferment pour quelques jours. Les rues se vident, tous les habitants se retrouvent en famille et seuls les touristes venus de Chine continentale à l’occasion des vacances flânent encore dans les quartiers résidentiels. L’importance du Nouvel An chinois pourrait se comparer à celle de Noël dans la culture occidentale.

« Du pain et des jeux » en famille

Lorsqu’on les personnes de culture chinoise sur la signification du Nouvel An, qu’ils viennent de Hong Kong, de Taiwan ou de Chine continentale – tous répondent invariablement « la famille ». Selon Travis, un Chinois de 24 ans étudiant à Hong Kong, « le Nouvel An avait sûrement une signification bien plus traditionnelle et religieuse à l’origine, mais aujourd’hui cela ne compte plus vraiment ».

« Le Nouvel An Chinois est avant tout une occasion de se réunir en famille, explique Marguerite, une Taïwanaise de 23 ans, même si des membres de la famille étudient ou travaillent loin, c’est important qu’ils reviennent chez eux pour l’occasion ».

Et que font-ils durant ces réunions ? « On se  souhaite le meilleur pour l’année à venir et on mange beaucoup, beaucoup » répond-elle. « Nos avons des provisions sans fin puisque tous les membres de la famille vont acheter de la nourriture à ramener pour le Nouvel An ». Travis tente de décrire les ravioles et nouilles spécifiques qui sont consommés en Chine durant cette période, mais ces plats ont des noms particuliers sans traduction anglaise. Il explique également que les traditions pour fêter le Nouvel An diffèrent selon les régions de Chine, mais que l’on peut retrouver des enfants lançant des pétards à peu près partout !

Marguerite ajoute que les familles jouent beaucoup au mah-jong, l’un des jeux de société les plus populaires en Chine. « Et puis on aime bien acheter des tickets de loterie aussi, il y a toujours des prix spéciaux pour l’occasion ! ». D’ailleurs, durant cette période de fête, les plus jeunes ne reçoivent pas de cadeaux mais des « enveloppes rouges » avec de l’argent à l’intérieur. Les sommes sont en général importantes et constituent une véritable aide financière pour les jeunes adultes et le début d’une épargne pour les enfants.

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Les enfants revêtent des habits traditionnels pour le Nouvel An. Crédits Photos: CrossWorlds/Candice Altmayer

 

Le zodiaque chinois pour les nuls

Quant à l’importance de l’astrologie, elle reste importante mais semble s’estomper avec les générations. Selon le calendrier chinois, les années suivent un cycle de douze ans, chaque année ayant son propre animal. Les célébrations ne changent pas selon l’animal, mais le nom de celui-ci est ajouté dans les vœux et il est représenté dans les décorations.

Seule l’année du Dragon revêt une importance particulière. Le Dragon est l’unique bête fictive des douze animaux du calendrier chinois. Considéré comme un animal sacré, les fêtes des années Dragons sont plus importantes et les d’enfants nés Dragons sont remarquablement plus nombreux. Le Tigre est aussi un animal de prédilection, car comme le Dragon il est considéré puissant. Cependant, Travis et Marguerite insistent tout deux qu’il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » signes. Chaque animal a ses avantages et aucun n’est vu comme particulièrement négatif.

« La signification qu’on pourra donner à un signe est vraiment personnelle » explique Travis, « certains vont apprécier plus particulièrement les traits associés à un animal qu’à un autre ». « Je pense que les signes restent tout de même assez neutres » ajoute Marguerite,  « et puis il ne faut pas oublier que les animaux tournent dans le même ordre tous les douze ans seulement, ce qui laisse peu de flexibilité aux parents pour choisir le signe de leur enfant, ce n’est donc pas d’une importance cruciale ».

Travis Chèvre, 24 ans plus tard

Cependant, chaque année, la tradition veut que les personnes nées sous quatre signes particuliers soient plus prudentes dans leurs choix à venir. Cette année ce sont les personnes nées Chèvre, Rat, Taureau et Chien qui devront se rendre au temple pour prier tout particulièrement pour avoir de la chance en 2015.

Travis et Marguerite disent s’identifient « un peu » à leur animal respectif, mais pas plus que nous nous identifions au Capricorne, au Verseau ou au Taureau. « Moi je suis Singe par exemple. Ca me plait bien, le Singe est plus intelligent que la plupart des autres animaux après tout ! » explique Marguerite, sérieuse.

Quant à Travis, il est Chèvre. L’animal est souvent considéré comme placide et peu puissant, à tel point que de futures mamans ont tout fait pour accoucher avant le Nouvel An, et ainsi ne pas attirer la malchance sur leur progéniture. Mais Travis assimile son signe à la douceur, la gentillesse et l’absence de tourments. Cette année est donc l’année de son animal, cela n’arrive que tous les douze ans et est particulièrement fêté. «En général les hommes portent des boxers rouges en tant que porte-bonheur lors du Nouvel An de leur animal. Ma mère m’en a offert un cette année ! » . Et Marguerite de conclure : « On prend un coup de vieux lorsque l’année de son animal approche ! ».

Candice Altmayer